Publié dans Haro

Bénin : Talon sur la Voie qui Mène au Ciel

blog1

Au Bénin, la religion, ce délire bien fondé selon Durkheim, a du bon.

A l’exception du président Soglo qui n’en abusa pas, sous le Renouveau démocratique, Kérékou et Yayi Boni s’en sont enivrés sans retenue.

A sa manière, Talon tâte à la chose. Comme on le voit depuis quelque temps, en attendant de nous donner la lumière électrique, le président proteste de son intérêt pour la Lumière Céleste ; en bon commerçant, il a commerce avec elle. Homme de rupture, paradoxalement il se bat contre la rupture des frères protestants, pour le plus grand bien du Bénin, de sa Constitution  et de sa démocratie. Sans aller jusqu’à se dire Messie ou le Second après Dieu comme Yayi le fit en son temps, Talon applique in fine ses recettes basiques en la matière.

Dieu merci, dans l’obscurité qui définit la condition intellectuelle fatale de l’Afrique, la foi est un gisement politique quasi inépuisable. Opium, leurre et os à ronger. En attendant les nourritures terrestres, que selon la Bible, « tu gagneras à la sueur de ton front », jouer avec l’âme du peuple croyant, entrer dans l’intimité socialisée de sa foi, lui servir la soupe de l’espérance céleste est de bonne œuvre politique : la démagogie à l’état pur ; cela fait partie de la boite à outils du chef d’État africain normal, d’une Afrique mineure et minée par le culte de l’émotion qui, depuis Senghor, est reconnue comme son apanage exclusif.

A l’instar de Yayi Boni, Talon est sur la Voie qui mène au Ciel. Mais ciel, quel Ciel ? Celui de la Rupture, de la maturité et de la responsabilité des peuples ou celui du délire, de l’Éternel retour de la bêtise et de la nuit des émotions ?

 Aminou Balogun

copyright5_thumb.png

Publicités