
Pourquoi avez-vous réservé vos premiers voyages de président au Togo, à la France et à la Côte d’Ivoire et pas au Nigeria, votre voisin, première économie du continent ?
Je devais aller au Nigeria pour une visite bilatérale, mais nous n’avons pas pu caler une date avec le président Buhari. Je suis allé à Abidjan en visite privée et en visite de travail. Je suis allé en France pour des raisons médicales et, à cette occasion, j’ai rencontré le président Hollande.
Comment envisagez-vous la relation avec le Nigeria ?
Elle est bonne et elle sera fructueuse. Nos populations sont sœurs. Il y a beaucoup à faire ensemble. Je veux développer l’exportation de produits agricoles de l’est du Bénin vers le Nigeria et faire ainsi de mon pays le petit grenier du Nigeria.
Thomas Boni Yayi a promis de vous aider et de vous apporter des conseils. Est-ce vraiment utile ?
Je pense qu’il va plutôt se reposer. Il a été président, ses conseils peuvent être utiles, qui sait, nul n’est omniscient. Mais il a laissé le pays dans un état catastrophique.
Est-ce que vous soutenez sa candidature aux Nations unies ? On dit qu’il vise le poste de secrétaire général adjoint de l’ONU chargé du changement climatique et des objectifs de développement durable.
Pour le moment, je ne suis pas au courant. Cela a été évoqué. Mais je n’ai pas été informé officiellement et il ne m’a pas demandé de le soutenir pour cette candidature.
S’il y a des soupçons de corruption à son encontre, allez-vous saisir la justice ou bénéficie-t-il de facto d’une amnistie ?
Si cela est avéré, il devra en rendre compte et la justice agira. Il n’y a pas d’amnistie. Le mot amnistie n’a été utilisé qu’une fois au Bénin, au cours de la Conférence nationale [1990]. Et a déjà été oublié. A ma connaissance, il n’y a pas de dossiers ouverts à son encontre sur des détournements ou de la corruption. Mais si la justice le décide, il devra comparaître.
Allez-vous rouvrir des dossiers de corruption, comme l’affaire Kassa ?
A mon sens, il n’y a pas de dossier Barthélemy Kassa, il y a un dossier sur les détournements de l’aide des Pays-Bas dans le domaine de l’eau. Et ce dossier n’est pas fermé. Je regrette la décision du Parlement, qui met M. Kassa à l’abri de poursuites judiciaires. Cela montre bien le besoin urgent de réformes. L’eau est vitale pour le pays, toute la lumière doit être faite. J’ai dit aux Néerlandais que nous ferons tous les efforts possibles pour déterminer où est passé leur argent. Et les responsables devront comparaître.
![]()