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Eugénisme, version française

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par Olivier Faure

Contrairement à une idée répandue, la France n’a pas échappé à l’emprise intellectuelle et morale de l’eugénisme au cours du XXe siècle. À partir d’une enquête sur une cité-jardin de Strasbourg, P.-A. Rosental en retrace les transformations et les héritages, dans l’État social d’après-guerre et jusqu’à nos jours.

Jusqu’ici, nous croyions plus ou moins tous que la France avait été protégée de l’eugénisme à la fois par son républicanisme et par l’imprégnation des croyances chrétiennes. On pensait donc que le natalisme français, qui visait davantage le nombre que la qualité, s’était contenté de quelques mesures d’eugénisme positif, dont le certificat médical prénuptial était le plus bel, voire le seul exemple. L’eugénisme « négatif » prônant la stérilisation, voire l’élimination, des porteurs de tares héréditaires n’y aurait été défendu que par quelques individus d’exception, de renom certes (Alexis Carrel, Charles Richet, deux prix Nobel), dont les ouvrages auraient été cependant sans beaucoup d’influence pratique. Par ailleurs, l’eugénisme était réputé avoir été enseveli sous les décombres du nazisme, en dépit des multiples rééditions de L’Homme cet inconnu après 1945 : bien qu’évoquant l’élimination des plus faibles, l’ouvrage d’Alexis Carrel ne semblait choquer personne. Dans un livre d’une érudition et d’une culture remarquables, Paul-André Rosental donne le coup de grâce à ces représentations rassurantes.

Une cité pour procréer

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