
Quand on regarde l’ethnie yoruba au Bénin, à première vue, on peut avoir tendance à dire qu’elle est une ethnie minoritaire, tant à certains égards, elle apparaît marginale et est de fait disséminée, à travers un chapelet de niches territoriales. Mais en réalité, cette marginalité et cette dissémination — depuis la région côtière où elle se donne à voir dans son authentique immédiateté jusque vers les hauteurs du centre Nord du pays, où elle s’exprime dans une variété colorée d’espèces — sont trompeuses. En vérité le genre Yoruba est l’ethnie béninoise qui a le plus fort taux d’ubiquité culturelle et symbolique. L’ethnie à laquelle on l’oppose pour conclure à sa minorité, l’ethnie fon, parce qu’elle serait venue d’Aja, région du sud ouest béninois qui est culturellement et géographiquement opposée au sud est Ayo d’où viennent les Yoruba, n’est en vérité que le produit du métissage culturel et démographique entre Yoruba et Aja. Dès lors, la surdétermination culturelle et démographique de la culture yoruba plaide en faveur d’une relativisation de sa perception marginale
Akinwumi Bosede
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