La ville de Lagos est réputée pour son manque d’espace au regard d’une démographie démesurée. Le territoire est un entrelacs de terres fermes et d’îles, cernées de mangrove ou de marécages. Avec les pluies et les inondations, le territoire de Lagos est dans certaines zones sujet aux glissements de terrain ; ceux-ci sont à l’origine d’effondrements d’immeubles ou d’éboulements meurtriers. Ces drames qui affectent Lagos sont d’autant plus difficiles à enrayer ou prévenir qu’ils ont partie liée avec la corruption des agents de l’État où l’incivilité atavique de ses habitants.

Régulièrement interviennent dans certaines zones de la ville des effondrements de maisons ou d’immeubles causant de nombreuses victimes, et des pertes en vie humaine plus ou moins grandes. C’est le cas hier dans le quartier Magodo où un glissement de terrain a emporté une maison tuant quatre enfants d’une même famille.
« Vers trois heures, je me réveille tous les jours pour me préparer pour le travail. C’est l’heure où je les réveille aussi. Mais vu qu’aujourd’hui c’était samedi, je ne les ai pas réveillés. Je les voyais dormir quand je me préparais pour le travail.
J’étais dans le salon quand j’ai entendu un grand bruit. Mes quatre enfants venaient de mourir comme ça. Dieu, quelle est ma faute ? Qu’ai-je fait de mal? Quatre enfants en une journée? Je suis censé mourir à leur place. Je dois avoir péché. Je ne sais même pas ce que je fais encore en vie. »
Baba Alado


