La comédie du scrutin qui vient de se tenir en Côte d’Ivoire et qui consacre la victoire écrasante de Ouattara aurait été sans nuance si elle ne représentait une insulte à l’intelligence de tout un continent, de toute une race. La démocratie au service des intérêts néocoloniaux et de l’égoïsme personnel de traitres nègres qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez crochus. Parce qu’on voudrait reconstruire l’unité nationale d’un pays déchiré par la guerre, on doit sacrifier la vérité démocratique à des intérêts personnels ou néocoloniaux, en insultant au passage l’intelligence collective des Ivoiriens et des Africains ? Cette bonne volonté politique, mâtinée de paternalisme est encore une autre façon de parier sur l’immaturité des Africains sur leur résignation, leur ignorance, leur analphabétisme entretenu, leur résilience, et leur inclination à accepter l’inacceptable, à considérer l’Afrique comme terre d’absurdité et haut lieu de l’arbitraire.
Donc en Afrique, le formalisme démocratique ne servira jamais que de décoration et de masquage loufoque au diktat personnel, à la fantaisie autoritaire des officines néocoloniales racistes, au bon vouloir des kleptocrates négro-africains. Avec l’argent on peut tout acheter, sans aucun égard à la morale ; et on ne se gène pas, on fait ainsi l’histoire, comme elle s’est faite durant les siècles d’esclavage et de colonialisme qui nous ont précédé et dont on se demande quel était la part de nos propres ancêtres. Cette part autochtone, nous la voyons maintenant, elle a nom, Ouattara, Eyadema, Compaore, Bongo, etc ! Et nous sommes édifiés. Puissent les plus clairvoyants de nos descendants dans les siècles à venir prendre acte de cette part ; comme nous aussi, enfants d’Afrique d’aujourd’hui, pourrons rétrospectivement deviner ce qu’elle était les siècles passés, de quel poids de honte elle nous poursuit aujourd’hui, surtout dans notre résignation, nos compromissions et nos complicités.
Oui, c’est une vérité indéniable, avec l’argent on peut tout acheter sous nos cieux. Avant, on achetait de l’or, des humains, de l’Ivoire, pêle-mêle et sans distinction. Maintenant avec le même argent, on achète clé en mains des élections, on les arrange à sa convenance, en fonction du discours politique et géopolitique que l’on veut assener urbi et orbi ; on s’attribue le score que l’on veut, en fonction du consensus frauduleux que l’on veut imposer à la conscience collective. Pendant ce temps, un hasard aussi têtu que la force des résultats électoraux, renvoie au-delà d’eux le jour du jugement de Gbagbo, ce digne fils de l’Afrique qu’un honteux apatride sans foi ni loi, aidé des Blancs qui le tiennent en laisse de la zigounette jusqu’à la cervelle chloroformée a évincé et jeté dans la prison de ces mêmes Blancs. Soi dit en passant, combien de Blancs sont jetés dans la prison des Noirs alors qu’ils le méritaient mille fois ! Ô Noir, tu es la race la plus ridicule du monde ! Tu marches à quatre patte comme un bébé, et depuis des siècles tu refuses de te redresser, et profitant de ta stupidité infantile, les autres, notamment la race qui s’est autoproclamée ton contraire en toute chose, à commencer par la couleur, te tient en laisse, comme un chien ! Et tu te laisses faire dans le silence de la résignation, sous la dictat de tes maîtres pédophiles qui abusent de ton enfance délibérément prolongée avec la complicité pathétique de leurs chacals locaux.
84% des voix aux élections dans un pays qui vient à peine de sortir d’une guerre civile ! 84% dans un pays qui porte encore intactes les séquelles de la guerre ! 84% dans un pays naguère et encore divisé entre Nord et Sud, entre musulmans et chrétiens ! 84% dans un pays qui n’a pas encore soldé les conséquences de l’acharnement néocolonial ! Mais qui ajoutera foi à cette menterie géante ? En dehors de l’Union Soviétique, dans quelle démocratie a-t-on jamais entendu un président élu à 84% des voix ? L’Afrique est étonnante en ce qu’elle est le continent où tout peut se passer dans l’indifférence ou la résignation de ses habitants. La plupart de ses dirigeants ayant commis toutes sortes de crimes immondes contre leurs propres peuples — crimes de sang, crimes politiques et financiers — , sont avides de la reconnaissance de leurs maîtres et complices blancs devant lesquels ils se couchent et rampent à la moindre occasion. Et de conserve avec eux, ils s’en donnent à cœur joie d’insulter l’intelligence collective de l’Afrique, pillent ses ressources, disposent de ses corps et décors, violent ses filles et maltraitent ses fils dans la haine et le mépris qui sont autant de masque de leur mauvaise conscience.
84% ! Ah, Afrique, quelle misère de te prendre à ce point pour une demeurée ! De t’assener des coups de massue mentaux dans le silence déconcertant et assuré de tes fils et filles ! Si la Côte d’Ivoire n’était pas divisée on aurait sans nul doute 100% des voix !
Quel est l’implicite de cette grossière comédie ? Eh bien le pirate politique d’origine douteuse qui a évincé un digne patriote africain dans l’intérêt et avec la complicité des Français — comme cela a été hélas toujours le cas dans l’histoire de nos démêlées avec les Blancs depuis plusieurs siècles où ils créent, attisent et tirent partie de nos divisions — est un dirigeant compétent, juste, clairvoyant et bien aimé des Ivoiriens. Il est populaire dans une Côte d’Ivoire, qui compte 25 232 904 habitants plus 1 ennemi national, nommé Gbagbo !
On n’ose croire que le peuple de Côte d’Ivoire se laisserait entuber par cette fable politique grossière, qui est une insulte à son intelligence collective. L’Afrique debout, l’Afrique des Kwame Nkrumah, des Patrice Lumumba, des Marien Ngouabi, des Thomas Sankara, et des Mandela, l’Afrique libre s’inscrit en faux contre ce théâtre loufoque. La Côte d’Ivoire est un pays divisé où sévit la justice des vainqueurs à la solde directe de la France. Malgré les milliards dépensés pour corrompre les pseudo-représentants des ethnies Agni, Baoulé et consorts, Ouattara, même avec un tel attelage insidieux, ne pèse pas plus des 2/3 de l’électorat ivoirien. Or 2/3 < 67% Nous sommes loin en deçà des 84% !
Si la Côte d’Ivoire est une Démocratie alors c’est ce qu’on appelle une Démocratie Populaire au sens sinistre de ce concept.
Aminou Balogun
