Bonjour Docteur,
Je voulais t’écrire depuis ta réaction à l’appel au travail pour la réunion d’une Assise Nationale, mais les occupations diverses ne m’ont pas permis de le faire. Tu dis que le pays est inexorablement tendu vers les élections présidentielles ! Connais-tu le candidat FCBE, le candidat PRD, le candidat de l’Union fait la Nation ? Non ! A 6 mois des élections nous n’en savons rien. Si je comprends bien ta position, c’est : « Maintenant que YAYI BONI a accepté de partir, évitons de le provoquer ou de lui donner un prétexte pour rester ». Vois-tu Docteur, ta vision des choses est loin de la réalité. Non seulement YAYI BONI n’a pas dit son dernier mot, mais il cherche un successeur s’il est contraint de lâcher prise. C’est la raison pour laquelle il est parti chercher Zinsou et qu’il a fait modifier la Constitution pour permettre éventuellement à son poulain Komi KOUTCHE de se présenter. C’est te dire que le pays est en crise et que la vigilance populaire est de mise. On ne peut pas parler de rapport de forces sans évoquer les journées historiques des 4 et 6 mai 2015 qui sont l’expression vivante de la surprise que le peuple peut réserver à ceux qui sous-estiment ses forces; pendant ces deux jours, notre peuple a montré les ressources dont il dispose et a indiqué à YAYI BONI que rien ne sera plus comme avant. YAYI BONI est fini. Le problème qui se pose aujourd’hui, c’est le problème du renouveau démocratique ; ce système qui ronge le pays depuis 25 ans ; ce système qui a produit YAYI BONI, et qui s’apprête à nous amener un autre YAYI, qu’il s’appelle KOUKPAKI, TALON ou Tartempion. Notre pays est en crise et va vers une crise majeure avec les élections présidentielles qui s’annoncent. On ne peut s’en sortir qu’avec des Assises Nationales qui refondent les bases du pays. Tu penses que YAYI BONI peut s’en servir pour réviser la Constitution et rester au pouvoir ; cette hypothèse est peu plausible car cette initiative précipiterait sa fin et ouvrirait la voie à une transition qui poserait les bases d’un système en rupture avec le renouveau démocratique pourri auquel nous sommes confrontés.
Gilbert Kouessi
