Parachutage de Lionel Zinsou : Silence, Stupeur et Tremblement dans la Classe Politique

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On a beau le vivre comme une surprise–choquante ou exaltante selon les intérêts ou l’éthique que l’on défend–l’entrée en scène politique de Lionel Zinsou, Béninois venu de France devenu homme politique par enchantement, a fait l’objet d’une préparation minutieuse. Depuis des semaines voire des mois, sans préciser à quel niveau il se situerait, l’idée de son parachutage dans le landerneau politique béninois a été vendue à chacun des acteurs et parties prenantes de la vie politique nationale. Un gentleman agreement a même été signé entre le futur parachuté et les membres sélectionnés de sa terre d’accueil. L’atmosphère a été étudiée, pré-pacifié. On a déblayé le terrain, débroussaillé les chiendents, enlevé les herbes épineuses et les souches assassines pour permettre un atterrissage en douceur du parachuté.
Résultat–toute comédie mise à part ou en scène –toute la classe politique béninoise a fait semblant de n’avoir rien vu, rien entendu ou rien compris. Ceux qui doivent parler ne parlent pas, ceux qui parlent ne doivent pas parler. Ceux qui parlaient au quart de tour attendent de parler peut-être au 365e tour. Ceux qui parlent et dont la parole était attendue donnent sciemment dans le hors sujet.
Le pays semble ne plus avoir de consciences, ni de sages, ni d’hommes politiques authentiques. Quelque part existe un donneur d’ordre supérieur, aux ordres duquel tous obéissent avec stupeur et tremblement. Du plus petit journaliste au plus grand chef de parti en passant par les vociférateurs de la scène politico-médiatique nationale.
Comme dans le processus d’une opération magique, il y a un moment précis où le silence absolu et général est requis. Quand le lapin sera sorti du chapeau et une immense salve d’applaudissements aura salué la prouesse du magicien alors nos parleurs, nos futurs ministres, nos journalistes, nos écrivaillons, nos penseurs en mal de reconnaissance se mettront à palabrer, à administrer, à écrivailler, à journalister, à panser au frais du contribuable faute de penser à leur propre frais… Mais pas maintenant, surtout pas maintenant : ce n’est ni prudent ni bienséant…
Maintenant c’est le moment de la pétrification, du silence précambrien et magique, fondateur de l’évanouissement hypocrite, de la soumission à l’ordre venu d’en haut, de très haut…

Afouda Bowadan

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