Joute Azannaï/Yayi : La Voix de Sagesse de la Professeure Irène D’Almeida depuis l’Arizona

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DE LA CIVILITÉ DANS LE DISCOURS POLITIQUE

C’est de loin, depuis mon désert de l’Arizona aux USA que je suis les évènements qui se déroulent au Bénin. La semaine dernière a en effet été pleine d’évènements malencontreux dont il faudra tirer les leçons qui s’imposent. Les échanges qui ont précédés ces évènements ne sont pas dignes de notre patrie. Quand on fait partie de la classe dirigeante, on devrait diriger dans le calme et la dignité. Quand on fait partie du leadership d’un pays, on doit se comporter en leader dans tous les domaines. Ce qui m’a le plus frappée, c’est le ton du discours politique, c’est que dans ce domaine, que nous sommes tombés bien bas dans les ornières. On peut être dissident tout en étant courtois. Les insultes, les injures de tous ordres n’appartiennent pas à la place publique où les enfants qui devraient grandir dans le savoir-dire et le savoir-faire de leurs aînés sont à l’écoute, dans cet espace public où, grâce aux médias traditionnels et aux réseaux sociaux, le monde entier nous regarde et nous entend. Si on ne respecte pas les hommes, soit parce que l’on pense qu’ils ne sont pas respectables ou parce qu’ils ne se respectent pas eux-mêmes, ou pour tout autre raison, on doit respecter la fonction qu’ils occupent. Un chef d’état est un chef d’état; il est à la tête d’une nation ; il y a des manières de lui parler qui, si elles se veulent provocatrices, ne devraient pas être ordurières. Un député est un député, un représentant du peuple. Il y une manière de lui parler dans le respect même si on n’est pas d’accord avec lui.

Monsieur le Président Boni Yayi, Monsieur le député Azannaï, mettez-vous au-dessus de la mêlée et montrez à tous, que l’on peut être des opposants sans être des ennemis, que l’on peut être en désaccord sans être déplaisant, que l’on peut se faire entendre tout en courtois. Le niveau du discours politique ne doit pas être à ras-de-sol même quand on en a ras-le-bol. La civilité, telle doit être notre mot d’ordre à tous.

Irène d’Almeida

Professeure de Lettres Africaines

Université d’Arizona

USA

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