Confessions d’un Homme Battu

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Pendant près de 15 ans j’ai été marié à une femme qui a fait de la meilleure partie de notre vie de couple un cauchemar », confesse Jimi, un homme d’affaires brillant, la quarantaine. Je savais qu’elle avait du tempérament quand je l’ai rencontrée. Elle était belle, avait un bon boulot et beaucoup de courtisans mais elle m’a choisi et cela me flatta. Quand elle tomba enceinte neuf mois à peine après notre vie commune, je n’ai pas hésité à lui proposer le mariage.
Quand elle donna naissance à notre premier enfant, une fille, son mauvais côté fit surface. Elle devint vraiment horrible à chaque fois qu’elle se sent vexée. Pensant qu’elle traversait une dépression postnatale, je lui ai conseillé de voir le docteur–j’allai même voir le docteur à son insu, pour lui demander de faire quelque chose afin de la calmer.
Mais les changements qui se produisaient en elle n’étaient pas vraiment clairs. Parfois, elle pouvait être la meilleure maman du monde, mais ces moments-là étaient rares et espacés. La plupart du temps, elle se comportait comme un monstre. Elle était sujette à de terribles changements d’humeur et le cas échéant elle laissait libre cours à sa fureur. Elle se lâchait quand le démon en elle prenait le dessus.

Au fil des années, nous eûmes deux autres enfants et j’ai toujours enduré ses scènes de rage, essayant autant que faire se peut de protéger les enfants de sa folie. Quand notre aîné eut 12 ans, je lui ai offert le nouveau téléphone mobile que je lui avais promis pour remplacer son ancien vieux téléphone. Deux jours plus tard, de retour à la maison, je vis la pauvre fille pleurant toutes les larmes de son corps. Elle me dit que sa mère l’a boxée à la figure, après l’avoir accusée d’ignorer délibérément ses appels téléphoniques.

La petite n’était pas habituée au nouveau téléphone et l’avait mis par erreur sur le mode silence. Mais sa mère ne voulait pas la croire. « Tu mens ! » cria-t-elle en lui donnant une raclée. J’étais ahuri qu’elle eût excédé les limites de son tempérament habituel pour en arriver à cette honteuse démonstration de violence. Je savais que si je la contredisais, elle allait me rentrer dedans, aussi ai-je emmené l’enfant avec moi dans ma chambre. Elle m’accusa de partialité, et de faire croire à l’enfant que sa maman avait le mauvais rôle. Elle fonça sur moi et fut à deux doigts de me battre devant les enfants. J’ai essayé de me tirer d’affaire en sortant de la maison avec les enfants. Nous sommes allés chez ma sœur, le temps que ma femme reprenne ses esprits. Ma sœur n’en revenait pas. « Combien de temps continueras-tu à être ainsi brimé par ta femme ? » demanda-t-elle. Ma sœur ne venait plus chez moi–ainsi que nombre de nos parents ou amis qui n’ont pas la patience de supporter les humeurs de ma femme.
Après avoir passé le week-end chez leur tante et joué avec leurs cousins, mes enfants n’avaient plus le cœur à retourner à la maison. De mon côté, une partie de moi ne voulait plus retourner mais l’autre partie insistait. Malgré tout, j’aimais ma femme et les enfants l’aimaient aussi.
Quoi qu’il en soit je ne voulais pas que ma famille tombe à l’eau. Ma femme n’a plus fait référence à cet incident. Nous avons continué comme si de rien n’était. Qui pourrait aider ma femme à maîtriser son tempérament violent ? Ses parents ont abandonné toute prétention dans ce sens, et le peu d’amis qu’il lui reste préfèrent ne pas en entendre parler.
À la veille du nouvel an, j’ai averti tout le monde au sujet d’un dîner que je devais avoir chez un ami de longue date. Sa femme était absente et nous sommes restés à regarder des programmes sportifs à la télé. Je suis revenu à la maison vers 7:00 du matin le lendemain.
Ma chère épouse était à la cuisine. Aussitôt que je suis entré, je savais que ça allait barder. Son visage arborait un masque de furie. « D’où viens-tu ? » hurla-t-elle ! Je te rappelle que j’avais prévenu tout le monde de mon absence et où j’allais passer la nuit. Elle rétorqua que je mentais, saisit un verre de l’évier et la lança furieusement dans ma direction. Je n’ai pas vite esquivé et j’ai reçu le verre en pleine figure. La douleur était insupportable. C’en était fini : tous les ressentiments accumulés durant des années ont resurgi. Je l’ai saisie par le cou et je l’ai secouée comme une vieille poupée. Ensuite je l’ai battue jusqu’à ce qu’elle a commencé à demander pardon. Les enfants n’arrivaient pas à croire que je pouvais toucher à un seul cheveu de leur mère. Ils ont essayé de m’arracher de l’étreinte furieuse sous laquelle je l’avais ensevelie. Elle était dans un si mauvais état que je l’ai amenée moi-même à l’hôpital.
C’est à ce moment que j’ai réalisé qu’il me faudrait en finir avec le mariage dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’avait rien d’heureux. Tout l’amour que j’avais pour elle avait disparu. Elle a même eu le toupet d’aller porter plainte contre moi pour violence conjugale. J’ai répondu à la convocation de la police, accompagné des enfants. Ils ont narré quelques-unes des horreurs qu’ils ont endurées de la part de leur mère. Leur récit et mon œil au beurre noir ont édifié les policiers. Ils m’ont relâché en me conseillant d’amener la paix dans ma famille. Les policiers–hommes et femmes–avaient vraiment pitié de moi. À leurs yeux, je passais pour une couille molle.
Je suis allé voir son oncle pour lui dire que j’en avais ras-le-bol de mon mariage avec sa nièce. Ses parents étaient décédés de longue date, et le pauvre oncle en a entendu et vécu tout un rayon sur son tempérament violent. Il me fait savoir qu’elle ne pouvait pas rester avec lui, aussi ai-je loué un appartement en ville où j’ai déposé ses affaires. Comment l’amour peut-il en arriver à ce point ? J’ai aimé cette femme, et j’essayais de croire qu’elle pouvait changer, mais plus je donnais plus elle me couvrait le visage de poussière.
Aussi triste que cela puisse paraître qu’elle ne soit plus à la maison, nous avons tous commencé à nous rendre compte de l’enfer qu’elle nous faisait vivre. La maison est devenue tellement calme sans elle. Bien sûr, ce n’était pas facile au début, mais ma sœur cadette est venue rester avec nous et, peu à peu, la vie a repris son cours normal. Mais ma femme a du mal à croire qu’elle pouvait être jetée à la porte comme cela. Elle a débarqué plus d’une fois à la maison pour y semer la zizanie. Elle a même essayé de s’en prendre à ma sœur mais je lui ai montré qu’elle n’avait pas le monopole de la violence, et elle devrait y réfléchir à plus d’une fois avant de la ramener

trad. par Binason Avèkes

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