Bénin : La Boîte de Pandore du énième Mandat

Mon Idéo Va, Court, Vole et Tombe sur :…

Qui a Bu Boira

ideog_thumb2Tout le monde s’est fait à l’idée que la constitution a dit que le président était élu pour une durée de 10 ans, sanctionnée par deux élections ; et que tous les moyens dont il use pendant cette durée pour atteindre cette fin étaient rien moins que légitimes. Tout le monde est donc d’intelligence sinon de cœur avec lui dans ce sens. Et on ne voit le danger que lorsque le Président cherche à continuer à détenir le pouvoir au-delà de cette durée implicite de 10 ans. Alors tout le monde se met à crier au loup. Plus précisément, le crime de l’inconstitutionnalité qui peut avoir été commis à mi-terme de cette durée putative apparaît gros comme le nez au milieu de notre figure démocratique ! Mais n’est-il déjà pas trop tard ? Quand est-ce que la constitution béninoise a jamais dit que le président était élu pour une durée de 10 ans ? En aucun de ses articles ou disposition la Constitution ne dit une chose pareille. C’est une certaine élite politique et une venimeuse engeance de politiciens opportunistes qui se sont autorisé une telle lecture fantaisiste, insidieuse et complaisante de la constitution et qui ont induit le peuple à adopter cette vue facile des choses. En toute rigueur démocratique, il n’y a pas de violation bénigne de la constitution par opposition à des violations qui seraient considérées comme rédhibitoires et monumentales. La constitution est un corps de lois, c’est la loi des lois, c’est la loi fondamentale d’un pays ; elle est censée définir le cadre, les conditions et les lois qui régissent le fonctionnement démocratique.

 

Comme tout corps de lois, dans son esprit comme dans sa lettre, elle est fondée sur le respect absolu de ses principes et ses dispositions ou articles ne sauraient faire l’objet d’une interprétation complaisante ou donner lieu à une jurisprudence spontanée ou imaginaire.
Quand la constitution dit que le président est élu pour une durée de cinq ans renouvelable une seule fois, elle ne dit rien d’autre. Elle n’ouvre pas droit à une ère de 10 ans au bénéfice du président élu. Elle ne fait pas de l’élection pour un second mandat une formalité. En arriver à accepter le second mandat comme une formalité, partager d’un commun accord cette interprétation complaisante et induire le peuple à y adhérer paresseusement c’est ouvrir la porte à tous les abus : c’est ouvrir la boîte de pandore du énième mandat !

Éloi Goutchili

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