Michelle Obama, Museveni et Kagamé : à chacun son Chibock

Bonjour à tous,imageJe suis Michelle Obama, et en ce weekend de la fête des mères, je veux prendre un moment pour honorer toutes les mères d’ici et d’ailleurs, et vous souhaiter une bonne et heureuse fête des mères.
Je veux aussi vous parler d’un sujet d’une grande importance pour moi en tant que Première Dame et, plus important encore, en tant que mère de deux jeunes filles.
Comme des millions de personnes à travers le monde, mon mari et moi sommes indignés et avons le cœur brisé par l’enlèvement de plus de 200 filles nigérianes du dortoir de leur lycée en pleine nuit.
Cet acte inadmissible a été commis par un groupe terroriste déterminé à empêcher ces filles de recevoir une éducation – des hommes adultes qui tentent d’étouffer les aspirations des jeunes filles.
Et je veux que vous sachiez que Barack a donné des instructions à notre gouvernement de faire tout son possible pour soutenir les efforts du gouvernement nigérian afin de trouver ces filles et les ramener chez elles.
A travers ces filles, Barack et moi, nous voyons nos propres filles. Nous voyons leurs espoirs, leurs rêves – et nous ne pouvons imaginer l’angoisse de leurs parents en ce moment.
Beaucoup d’entre eux ont peut-être hésité à envoyer leurs filles à l’école, craignant qu’il pourrait leur arriver un malheur.
Mais ils ont pris ce risque parce qu’ils croyaient en la promesse de leurs filles et voulaient leur donner toutes les chances de réussir .
Les filles elles-mêmes savaient aussi très bien les dangers qu’elles encouraient.
Leur école avait récemment été fermée en raison de menaces terroristes … mais ces filles ont malgré tout insisté pour retourner passer leurs examens.
Elles étaient si déterminées à avancer dans leur éducation … déterminée à construire un jour leur propre carrière et rendre ainsi leurs familles et leurs communautés fières d’elles.
Et ce qui s’est passé au Nigeria n’est pas un incident isolé … c’est une histoire que nous voyons tous les jours de par le monde où des filles risquent leur vie pour poursuivre leurs ambitions.
C’est l’histoire de jeunes filles comme Malala Yousafzai du Pakistan.
Malala s’est prononcée pour l’éducation des filles dans sa communauté … et, par conséquent, les talibans lui ont tiré une balle en pleine tête dans son car scolaire avec ses camarades de classe.
Mais heureusement Malala a survécu … et quand je l’ai rencontrée l’année dernière, je pouvais sentir sa passion et sa détermination, comme elle me l’a dit, que l’éducation des filles est toujours la mission de sa vie.
Comme l’a dit Malala dans son discours aux Nations Unies, « les terroristes pensaient qu’ils allaient changer nos objectifs et mettre fin à nos ambitions, mais rien n’a changé dans ma vie, sauf ceci : la faiblesse, la peur et de désespoir ont disparu. La force, la puissance et le courage sont apparus » .
Le courage et l’espoir incarnés par Malala et des filles comme elle à travers le monde devraient servir comme un appel à l’action.
Parce que maintenant, plus de 65 millions de filles à travers le monde ne sont pas scolarisées.
Pourtant, nous savons que les filles qui sont éduquées ont des salaires plus élevés, une vie plus saine, et ont des familles plus saines.
Et quand plus de filles vont à l’école secondaire cela stimule toute l’économie de leur pays.
L’éducation est donc vraiment la meilleure chance de la jeune fille pour un avenir brillant, et pas seulement pour elle-même, mais pour leur famille et leur nation.
Et c’est vrai ici aux Etats-Unis aussi … alors j’espère que l’histoire de ces filles nigérianes servira d’ inspiration pour toutes les filles – et les garçons – dans ce pays.
J’espère que les jeunes en Amérique qui prennent l’école pour acquise – les jeunes qui baissent les bras ou sont habités par la pensée d’abandonner – j’espère qu’ils vont apprendre l’histoire de ces jeunes filles et s’engager de nouveau dans leur éducation.
Ces filles incarnent le meilleur espoir pour l’avenir de notre monde … et nous nous sommes engagés à les défendre non seulement en temps de tragédie ou de crise, mais pour le long terme.
Nous nous sommes engagés à leur donner les opportunités qu’elles méritent de réaliser jusqu’au dernier point le potentiel que Dieu leur a donné.
Donc, aujourd’hui, nous prions tous pour leur retour en toute sécurité … Portons leurs familles dans nos cœurs pendant cette période très difficile … et montrons juste une fraction de leur courage en nous battant pour donner à chaque fille sur cette planète l’ éducation à laquelle elle a droit. Merci.

 

imageC’est une erreur de penser que le gouvernement nigérian doit négocier avec Boko Haram. Le plus important est de les vaincre d’abord. Les négociations suivront après.C’est ce que je crois. Voilà des gens qui sont en faillite idéologique. En effet, si vous êtes en train de combattre le gouvernement, pourquoi kidnapper des enfants ? Pourquoi ? Quelle est la raison de votre combat ? Vous luttez pour l’amélioration du pays–soit. Ils avancent le concept de Haram. Haram veut dire quelque chose de mauvais, d’abominable. OK, vous dites que vous êtes des sauveurs. Est-ce comme cela que vous allez nous sauver ? En kidnappant les enfants ? En vous attaquant à des civils ? Pourquoi ne vous attaquez-vous pas à l’Armée ? Vous savez bien où elle se trouve. Allez dans les camps pour les attaquer. Pourquoi vous vous attaquez à des civils ? C’est la preuve qu’ils sont en faillite. Et je doute que des gens qui sont en faillite idéologique à ce point puissent entrer dans le jeu de la négociation.

–L’ancien président nigérian Obasanjo avait préconisé l’usage du bâton et de la carotte.

La carotte et le bâton cela s’utilise à quelqu’un qui fonctionne un tant soit peu logiquement, quelqu’un qui a des revendications légitimes. La question qui se pose avec ces gens est : « qu’est-ce qu’ils veulent, et au sujet de quoi le gouvernement va négocier avec eux ? » Je pense qu’il faut tenir compte de la nature de ce groupe.

imagePour moi, quand je regarde la télé et je vois nos dirigeants qui devraient être en train de coopérer pour résoudre ce problème commun qui affecte leur pays, attendre jusqu’à ce qu’ils soient invités en Europe, s’asseoir et juste (applaudissements… !). C’est comme si on les avait fait venir là s’asseoir en leur imposant de résoudre leurs problèmes. Comment un homme doué de bon sens peut attendre d’en arriver là ? Quelle image cela donne de nous, de nous les Africains ? En vérité, l’image que cela donne est que nous ne sommes même pas là pour résoudre ces problèmes. Ils sont là pour se faire voir, se faire photographier. Ils sont heureux d’être à Paris, assis avec le président de la France et de parler de résoudre le problème. C’est absurde que les dirigeants africains ne puissent pas se réunir spontanément pour résoudre les problèmes touchants directement leurs peuples. C’est absurde ! Je dis cela avec toute la réserve qui sied à ma situation de président de la république. Je me projette au temps où je serai aussi libre de ma parole que le sont les anciens présidents ici présents (applaudissements… !) Étant là où je suis, je me force à une certaine obligation de réserve mais je crois qu’il y a là un vrai problème. Nos dirigeants africains n’ont besoin d’être invités nulle part pour résoudre nos problèmes, sans nous inviter entre nous pour nous dire les vérités que nous devons dire au sujet de nos problèmes sérieux

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