Bénin-Togo, Pour ne plus être Rikiki : Do The Right Thing !

imageLa rhétorique journalistique dans la presse anglo-saxonne qualifie le Bénin de «the west african tiny  country ». Le Togo, pays voisin et limitrophe n’est pas épargné par la même périphrase. Et pour cause, parce que «tiny » veut dire minuscule, riquiqui, tout petit…
Et quand je lis ça, je suis révulsé, à plus d’un titre. D’abord parce que la même presse ne parle pas ainsi de la Suisse, de la Belgique, ou du Luxembourg etc. alors que ces pays sont encore plus « tiny ». que le Bénin. Je suis révolté puisqu’au fond de moi, j’ai le sentiment que c’est moins la taille du Bénin qui lui vaut ce qualificatif ethnocentrique que son économie, son image internationale et son dynamisme défaillants. C’est-à-dire que, au-delà de notre taille, c’est le spectacle qu’offrent nos dirigeants et notre classe politique à l’échelle internationale, c’est la pauvreté, le fait que nous allions mendiant à droite à gauche au lieu de compter sur nos propres forces qui incitent les gens à nous qualifier de « tiny »..

   

Il faut certes reconnaître que les journalistes sont friands de circonlocutions géopolitiques qui les amènent à qualifier par exemple un pays comme le Nigéria de « géant de l’Afrique » sans qu’on ne voit ce que ce gigantisme cache de « tiny » quant à l’état réel de ses peuples. À l’évidence le gigantisme que l’on claironne autour du Nigéria a partie liée avec sa place de producteur de pétrole, cette denrée si prisée par le système capitaliste à l’échelle planétaire, et qui excite la convoitise des pays où l’on traite volontiers les autres de «  tiny »…

Enfin la raison principale de ma colère c’est le fait que, sans préjuger du seuil métrique de la superficie du territoire à partir duquel on cesse d’être « tiny », deux pays frères, voisins, limitrophes et qui plus est francophones comme le Togo et le Bénin encaissent chaque jour ce qualificatif péjoratif désespérant sans que cela n’inspire à leurs dirigeants l’évidence de ce qui doit être fait pour y mettre fin : à savoir s’unir et retrouver l’unité dont nous n’aurions pas dû nous départir même si ce fut à notre corps défendant ! S’unir parce qu’ils sont les mêmes peuples ; s’unir parce qu’alors, 114 + 57> 170, et quel que soit le seuil de «tininess », il serait difficile pour quiconque épris de bon sens de qualifier de minuscule un pays de 170 kilomètres carrés…
Et ce serait aussi une façon de couper l’herbe sous le pied à cette compulsion rhétorique perfide des occidentaux de nous voir en petits alors qu’ils font partie des causes de notre petitesse.
Ma colère s’adresse à l’intelligence de nos peuples, à leur exigence d’unité ; je les exhorte à l’action triomphale pour l’intégration concrète, intelligente et vivante de l’Afrique. Car il ne faut pas compter sur nos chefs d’État pour y arriver ; eux sont toujours dans l’économie subjective de leurs préoccupations égoïstes. Lorsque deux pays deviennent un seul en s’unissant, il y a en toute logique un chef d’État qui disparaît de la circulation et cela n’arrange ni leur ego ni leurs affaires !

Binason Avèkes

   

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