| Il y a deux sortes de violeurs. Le violeur occasionnel et le violeur intentionnel. Le premier est une espèce de garde forestier par vocation depuis toujours, et qui au cours de son travail, rencontre des femmes qui traversent la forêt pour une raison ou une autre ; quand il arrive à l’une d’elles de s’égarer, le garde forestier l’aide à retrouver son chemin. Et puis un jour, sans préméditer, l’idée lui vient de disposer avec violence de l’intimité d’une femme qui venait à croiser son chemin. Et notre garde forestier n’écoutant que ses instincts, se jette sur sa victime et la viole sans ménagement… Le deuxième type de violeur, le violeur intentionnel, s’est fait garde forestier à dessein ; il sait que la forêt regorge d’opportunités de tomber sur des femmes qui la traversent d’un bout à l’autre. C’est pour cela qu’il est allé vers ce métier. Et, dès qu’il a pris fonction, il a commencé son forfait, d’abord par des attouchements grivois puis il a enchaîné par des agressions sexuelles et enfin, il est arrivé au viol. Il multiplie viol sur viol jusqu’au moment peut-être où le viol de la fille du chef de la contrée suscite l’émotion et le cloue au pilori de son vice. Peut-être parvient-il même à échapper à ses responsabilités, dans le dilatoire des tractations judiciaires et par le mensonge. En fait les hommes politiques sont à l’image de ces deux types de violeurs. En Occident, ils peuvent être assimilés au premier type. En général, ils embrassent le métier pour des idées qu’ils visent à réaliser. Et, l’occasion faisant le larron, ou par nécessité , ils en arrivent à succomber plus ou moins frénétiquement à la corruption. Souvent c’est moins pour l’enrichissement personnel que pour les nécessités internes à l’action politique elle-même qu’ils s’adonnent à la corruption N’est-ce pas là tout le drame de l’Afrique ? Comment peut-elle s’en sortir lorsque de génération en génération ses dirigeants, toute la classe politique et ceux qui aspirent à faire de la politique sont des voleurs déterminés, obsédés, obnubilés par le pillage des ressources de leurs pays en toute impunité ? Des pilleurs, sans états d’âme, sans pitié, sans vergogne ni scrupule qui s’affairent à chaque instant à détourner les richesses nationales, et émulent pour être celui qui a trouvé la meilleure combine, celui qui est tombé sur le meilleur filon, celui qui a accumulé le plus gros butin expédié dans les banques offshores et autres paradis fiscaux de l’Occident ? Adenifuja Bolaji |