Bénin : la Dynamique du Silence de l’Opposition

Mon idéo va, court, vole et tombe sur :
Sacré Domino

ideogUser du mot dynamique pour expliquer un silence, c'est-à-dire le manque de mouvement du corps politique au Bénin, est apparemment un contresens physique. Mais le mouvement nul, considéré comme un cas particulier de mouvement, exprime un jeu de forces de résultante nulle. Et plus que cette nullité vectorielle, le concept de dynamique nous renseigne sur les vecteurs eux-mêmes, leur norme, et leur direction. Puisque le silence du corps politique face à un pouvoir de plus en plus autocratique et médiocre est daté, c’est qu'il procède d'une histoire, qui aurait pu commencer par l'expression consacrée « il était une fois ». Mais outre cette expression, nous dirons que l'origine du silence commence avec la décision fort compréhensible de Me Adrien Houngbédji de faire un retrait de corps de la vie politique ambiante après son échec consécutif au holdup électoral de mars 2011. Après le holdup, et ulcéré par cet énième acte d’injustice, l'homme refuse de jouer les taureaux qui foncent tête baissée sur la muleta du pouvoir. Mais l'antique horde des politiciens qui déjà en 2006 avait contribué ouvertement à sa défaite sous la bannière de Wologuèdè a résolu d’atteindre le même objectif en jouant dans le clair-obscur. La Tourbe malicieuse tirait sa force et son intérêt du fait que M.  Houngbédji jouait les bouledogues remontés contre le pouvoir.

 

Puisque le vieil opposant et éternel candidat n'a plus aucune raison de s'opposer au pouvoir, en entérinant ce vide de motivation, et en tirant toutes les conclusions qui en découlent, il prive la horde malicieuse des profiteurs ambigus de l'indice même de leur valeur sur le marché politique. Car, ils n'avaient de valeur aux yeux de Yayi que tant que M. Houngbédji faisait peur à celui-ci. Dans ce cas jadis, ils pouvaient parler avec Me Houngbédji le jour et aller voir Yayi la nuit pour le rassurer. Maintenant que M. Houngbédji refuse de jouer les bouledogues remontés contre le pouvoir, les compères perdent leur moyen, n'ont plus rien à dire à Yayi, de jour comme de nuit. En un seul tenant, ils ont perdu raison d’être et toute valeur, d'où leur silence : le silence de l’un entraîne ipso facto celui des autres, de tous les autres… Sacré domino !

Éloi Goutchili

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Un commentaire

  1. Je viens ici m’acquitter d’une obligation de gratitude et remercier humblement mais publiquement m. Eloi Goutchili pour les immenses travaux patriotiques qu’il accomplit, et dont le moindre n’est pas la réflexion profonde consignée dans l’article publié ici même et intitulé  » la dynamique du silence de l’opposition « …
    Cette production intellectuelle majeure m’a soulevé d’un enthousiasme qui ne faiblit pas… Elle orientera, j’en suis sûr, toute réflexion future sur la politique au Bénin, en Afrique et dans le monde!! Et j’ai enfin compris que l’opposition béninoise n’existe et ne peut exister que par rapport à Me Adrien Houngbedji, ses vastes projets et ses nobles ambitions!! Je suis heureux de comprendre que ce dernier n’a plus, aujourd’hui,ni raison ni intérêt à se battre comme un bouledogue forcené contre un adversaire de pure circonstance… J’ai enfin compris que, dans ces conditions, le saprophyte que je n’ai jamais cessé d’être ne pouvait que se taire!
    Merci, Maitre Goutchili, de m’avoir remis dans le droit chemin! Je m’égarais en effet, en considérations complètement fausses!! Je me disais que personne ne m’entend ni moi ni mes autres camarades malgré nos cris et nos hurlements parce que M.Yayi Boni a réussi comme personne avant lui à rendre sourds tous les bons entendants en mettant sous sa botte toutes les institutions de la République, toutes les institutions de régulation et de contre-pouvoir, tous les moyens de communication, – presse écrite et audio-visuelle- et qu’il met tout en œuvre pour tuer tous les partis politiques, et toute puissance économique et financière qui refuse de lui faire allégeance. Dans mon égarement, je me disais encore que la pauvreté , qui s’étend de nos jours dans tout le Benin comme une tumeur maligne, même si elle peut
    conduire à des explosions spontanées d’une très grande violence, ne crée pas par elle-même un terreau propice à l’action démocratique organisée. Bien au contraire!! Je me disais encore, dans ma petite tête bien naïve, que ceux qui ne s’informent que sur internet, sur RFI ou France 24, ne sont pas nécessairement les plus aptes à percevoir les actes de l’opposition véritable, l’opposition populaire, dont les grondements sourds proviennent de nos brousses, de nos villages, de nos hameaux, de nos champs, de nos écoles, des quartiers populaires de nos grandes villes… Je me suis rendu coupable, je l’avoue, de croire que la complicité d’une majorité opportuniste dans la classe politique, subjuguée par la corruption, l’argent et les chantages en tous genres, n’enlevait rien au mérite des quelques résistants qui persistent,pauvres petits grillons dans la colossale usine métallurgique du  » Changement « !!! Et je vais avouer, comme pour paraphraser l’autre, que Maître Éloi Goutchili m’a réveillé de mon sommeil dogmatique! Je sais désormais que toute lutte au Benin et même la vie s’organisent autour d’un référentiel absolu, Houngbedji Adrien… Merci Maître!
    K. A. I

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