L’Architecture Scolaire Sous Nos Tropiques

Quand nous étions au collège, nous macérions dans des salles de classe closes comme celles-ci

   

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C'étaient de longs parallélépipèdes de briques hermétiquement couverts par un toit de tôle, avec parfois de parcimonieuses persiennes en bois. Un véritable four à micro-ondes, surtout les après-midi.
On peut se demander s'il y a une norme architecturale qui régit les

 

constructions de salle de classe chez nous, tenant compte des rigueurs alternées de nos climats chauds : soleil, pluie, harmattan, tempêtes et vents, etc

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L'école ci-dessus est l'œuvre d'un petit groupe de 11 étudiants italiens en architecture de l'université de Venise. Ils en ont conçu le plan et l’ont construite à la sueur de leur front et à l'habileté de leurs mains. La scène se passe à Zomaï  à Ouidah.
Pour le coup, l'architecture nous change des fours et cocotes et on voit que l'édifice respire ! Le toit est fonctionnel et ne s'écrase pas sur les murs. Tandis que les murs eux-mêmes sont un tapis de claustras qui laissent passer l'air. On se dit :  voici une construction bien pensée qui tient compte des conditions pratiques de vie sous nos climats ! Et que le ministère de l'éducation, en cheville avec son homologue des travaux publics doit intégrer cette donnée pour élaborer une norme adaptée des édifices scolaires sous nos climats.

Cependant, petit bémol à l'enthousiasme : c'est que, criblée comme elle est de claustras et ouverte aux quatre vents, cette salle de classe conçue par des Européens au demeurant architectes, semble trop axée sur la peur de la chaleur. Sentiment éminemment exogène. Que faire les matins d'harmattan pour protéger nos petites têtes crépues

 

 

contre le froid parfois glacial ? Les Italiens vont-ils devoir reprendre du service et en leur âme généreuse penser à envoyer des tonnes de pulls en laine chauds ?
Ce serait le cercle vicieux de la dépendance. Non, cette expérience est instructive en ce qu'elle nous montre qu'il nous appartient de nous asseoir et de creuser un peu nos méninges pour apporter des solutions à nos problèmes en tenant compte de nos moyens et de nos réalités : une solution originale est toujours possible là où il y a de la volonté à travailler pour soi et par soi.

Boniface Adjovi

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