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Egbas, Owus et Dahoméens

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Controverse Egba-Owu ou la Distorsion de l’Histoire

En tant que ressortissant Egba de la section de Oke Onan d’Abeokuta, j’ai lu avec un vif intérêt les déclarations portées au crédit d’Olusegun Obasanjo, ex-président du Nigeria, et du prince Bola Ajibola, ancien procureur général et ministre de la Justice du Nigeria, lors du seizième congrès de la nation Owu. Tous deux ont déclaré publiquement que le peuple Egba doit son existence aux Owu, car ils les auraient sauvés de la conquête dahoméenne, et que le reste n’était qu’une guerre d’identité. Prince Ajibola avait auparavant déclaré que tous les Egbas étaient des colons à Abeokuta.

En tant qu’étudiant d’histoire, ignorer de telles affirmations équivaudrait à une atteinte à la vérité et un mépris pour le peuple Egba. Ce que ces deux hommes publics essaient de faire n’est rien moins qu’une déformation de l’histoire. Ainsi, il sied de mettre l’histoire en perspective et les pendules à l’heure, de sorte que l’éducateur soit éduqué, au lieu d’afficher l’ignorance inutile ou le charlatanisme intellectuel.
Historiquement, les Egba étaient des agriculteurs et des commerçants sous le couvert d’une fédération de trois groupes : Ake, Okeona et Gbagura, répartis sur 150 villes, y compris les villes modernes d’Ibadan, Oyo et Ijaye. Peut-être en raison des divisions, ils étaient vulnérables aux attaques, aussi, pendant un certain temps, sont-ils restés province de l’ancien empire d’Oyo. Toutefois, dans leur quête de liberté et de démocratie, ces trois sections, œuvrant de conserve sous Lisabi, se sont débarrassées de l’impérialisme Oyo, vers la fin du XVIIIe siècle et sont devenues une fédération autonome. L’indépendance Egba n’a pas duré longtemps car dans les années 1820 ils étaient aux prises à une coalition militaire des Oyo, Ifè et Ijebu. L’attaque a forcé les Egba hors de chez eux et sous Sodeke, ils ont migré vers une zone de colline marquée par d’énorme rochers, actuellement connus sous le nom de Rocher d’Olumu qui était autrefois un camp pour des chasseurs et agriculteurs Egba. C’est de là que vient le nom d’Abeokuta, fondé en 1830, et qui signifie «refuge sous le rock ou« à l’ombre du rocher ». Il faut noter que les Owus n’étaient pas au nombre des fondateurs d’Abeokuta comme Obasanjo et Ajibola l’ont affirmé. On peut donc dire à juste titre que l’émergence du royaume Egba est consécutive à la guerre fratricide yoruba du dix-neuvième siècle.
Les Owu ont fait parler d’eux vers 1821 et 1828 dans ce qui a été connu dans l’histoire yoruba sous le nom de guerre Owu. La guerre a commencé en partie à cause de la lutte entre divers districts yoruba ainsi que l’attaque des villes d’Ifè par Olowu Amororo, une action considérée comme sacrilège, en raison du caractère sacré d’Ile-Ife, tenu pour le berceau spirituel des Yorubas. Son action se solda par un désastre pour le peuple Owu dans son propre fief et précipita tout le pays yoruba, dans la guerre civile. Les Owu ont été complètement défaits par les forces combinées d’Ibadan et Ijebu, et l’Oni d’Ifé, le chef spirituel des Yorubas, a ordonné à son autorité constitutionnelle la destruction totale d’Orile-Owu, la capitale des Owu, sans laisser trace de vie humaine. Je demande à Obasanjo et son compère Ajibola, où est le peuple Owu aujourd’hui? Un peuple disséminé, dont Sodeke a invité certains à s’installer avec les Egbas en 1834 à Abeokuta.
Par conséquent, qu’Obasanjo et Ajibola en viennent à dire qu’ils savent d’où ils viennent est absurde et prouve leur manque total de sens historique. Comment peut-on situer ici l’identité d’un peuple en permanence confiné dans des diasporas? Comment un peuple dans un tel désarroi et invité par les colons peut-il désormais passer outre l’hospitalité et faire fi de la bienveillance du peuple Egba? Comme on le dit en yoruba : « A bi e’gbo pe won ji olumo Egba ri ni- ewo orisa», ce qui signifie que la roche qui lie les Egbas ne peut jamais être volée en raison de son caractère naturel, le cas échéant ce serait une abomination aux dieux.
La guerre entre les Egba et le Dahomey est aussi étroitement liée à ceci dans la mesure où nos deux compères ont dit que les Owu auraient sauvé les Egba des Dahoméens. Je pense que c’est une tentative de dénigrer d’autres Egba reconnus comme de grands guerriers. Il y eut deux grandes attaques sur Abeokuta par les Dahoméens. La première fois en 1851, sous le roi Ghézo, qui a utilisé des femmes guerrières, les fameuses «Amazones du Dahomey » ; attaque au cours de laquelle non seulement les Egbas on battu les Dahoméens, mais ceux-ci ont perdu plus de trois mille des leurs. Le fils et successeur de Ghézo, Glèlè, jura de venger l’humiliation de son père et sa défaite, a fait une deuxième tentative en 1863 avec plus de soldats mais en a perdu environ cinq mille. Ce fut une grande leçon pour eux dans leur tentative de mettre la main sur les zones de l’arrière-pays yoruba. Je dis à MM. Obasanjo et Ajibola, que l’histoire doit ces victoires non pas aux seuls Egba, mais aux efforts conjugués des Egba et des Owu.
Ce qui est arrivé aux Owu est la même chose qui arriva aux Ijaye sous Kurunmi qui était l’Aare Ona Kakanfo (chef de l’armée) d’Oyo. Il essaya de saper la puissance de l’Alafin, mais rencontra son Waterloo dans les mains des guerriers d’Ibadan dirigés par Bashorun Ogunmola. Les Ijaye ont été détruits et nombre d’entre eux ont trouvé refuge à Abeokuta comme les Owus. Les Owus sont un peuple disséminé qui revendique un droit au bercail par la colonisation.
De ce qui précède, il est évident que nos deux compères, Obasanjo et Ajibola, sont à côté de la plaque de l’histoire. Ils ne peuvent jamais gagner mon respect en raison de leur rôle ignoble dans l’histoire du Nigeria moderne. Obasanjo a eu l’occasion de gouverner le Nigeria par deux fois — chose rare dans l’histoire, mais il n’en est rien sorti en dehors de RUINES ET DESOLATIONS. Alors que Ajibola est un avocat et juge réputé, l’image qui lui colle au Nigeria est celle d’un apologiste des militaires, qui a soutenu et contenir de soutenir des politiques anti-peuple. Mon conseil à ces deux hommes est de rechercher la connaissance historique et de tourner sept fois leur langue dans la bouche avant de parler. « Les Egbas continueront à maintenir une position de fierté dans la vie politique, ainsi que la dans la structure socioculturelle du Nigeria, en dépit de quelques soi-disant élites qui en sont toujours à attiser les braises de la perturbation et de la distorsion dans la coexistence pacifique de notre peuple. C’est le rêve de ma génération de créer cette grandeur structurelle non seulement pour les Egba, mais aussi pour l’ensemble des habitants de l’État d’Ogun. Nous sommes sur la bonne voie et le devoir gouverne notre objectif.

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