L’Abeille et la Mouche : De la Bonne Volonté du Racisme en Occident

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Le racisme anti-noir, qu’on peut appeler antinégrisme a la vie dure en Occident, même dans les esprits les plus prétendument ouverts et bien intentionnés. Car la haine du Noir, intériorisée sur des siècles continue d’être investie dans toutes les représentations,  où elle a sa fonction et un usage actif.

Dans ce document qui veut nous enseigner les bienfaits de la philosophie positive, l’art de recueillir dans les choses et les êtres ce qu’ils contiennent de meilleur, on retombe fatalement dans ce que Frantz Fanon stigmatisait comme un manichéisme délirant, cette mentalité typiquement leucoderme qui consiste à séparer au lieu d’unir, considérer d’un côté le « Nous », les Blancs, les Européens  qui s’oppose de l’autre côté au « Eux », en l’occurrence ici le Noir.

Le propos tourne autour de l’aspect positif des choses et des êtres ; le moine exhorte son auditoire à préférer celui-ci à son contraire, le négatif. Dans une démarche pédagogique  fondée sur la nature, le moine choisit deux insectes familiers pour illustrer son propos ; l’abeille ( or, dorée, propre, blanche) qui incarne le pôle positif, et la mouche ( noire, sale, sauvage) qui incarne le pôle négatif.  Le document ainsi que le discours qu’il véhicule est séparé en deux moments bien distincts : le moment de l’abeille, et le moment de la mouche. Régulièrement, de brefs extraits de vidéo illustratifs viennent constamment se substituer ou se superposer à l’image de l’orateur. Dans le premier moment, les images  des extraits de vidéo ne mettaient en scène que des Blancs. Mais dès l’entame du second moment où il est question de mouche,  les Noirs firent leur entrée en scène sans autre forme de procès.

Dans un discours philosophique qui se voulait universel en s’adressant à l’entendement humain dans sa totalité, quoi de plus normal et heureux se dirait-on à première vue ! Mais hélas il n’en est rien, comme toujours dans la mentalité occidentale axée sur l’instrumentalisation systématique, le Noir doit toujours servir. En effet, comme cette deuxième partie du document obéit elle-même au principe dualiste et ethnocentriste  énoncé plus haut, elle est construite sur une alternance d’images positives et d’images négatives. Et l’introduction du Noir dans le propos, loin de servir une quelconque volonté de complétude anthropologique, sert plutôt à illustrer ses séquences négatives comme le montre les extraits d’images ci-dessus.

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« Pour améliorer la qualité de notre vie » ; dans l’idée d’améliorer il y a l’idée d’un stade défectueux, ou à tout le moins insatisfaisant ou insuffisant, l’idée aussi d’enfance, le Noir selon la pensée raciste et paternaliste occidentale, étant un grand enfant…

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« Pendant qu’on gère les choses négatives d’une manière douce et constructive« .  La jeune fille ici a beau montrer une image douce et gracieuse, le seul fait qu’elle soit noire fait d’elle l’incarnation naturelle du négatif, traduit ici par l’air triste qu’elle arbore

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« Et pour surmonter une faible estime de soi malsaine » Malgré sa beauté et sa jeunesse la Noire n’est affligée que d’une chose : de la souffrance de ne pas être blanche, qui justifie sa mauvaise estime de soi

A contrario,  que ce soit dans la première partie du document ou la deuxième, chez l’abeille ou chez la mouche, seul le Blanc illustre le bien, le beau, le positif. Image ci-dessous :

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« Nous pouvons viser à rechercher les qualités positives de ceux qui nous entourent » Nous les Blancs donnons-nous la main pour soutenir et amplifier les qualités positives dont nous sommes l’incarnation

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« Nous pouvons viser à rechercher les qualités positives de ceux qui nous entourent » Nous les Blancs laissons notre progéniture éclairer par le soleil de nos qualités intrinsèques

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« Dans les relations, il est important d’avoir des communications honnêtes et bienveillantes« . Soyons le miroir amoureux et bienveillant l’un de l’autre

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 » Les qualités positives à l’intérieur de nous » …autres blancs dont c’est l’apanage exclusif…

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Que dire ? Eh bien, qu’en Occident, l’enfer de l’antinégrisme est souvent pavé de bonnes intentions…même universalistes…

 

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3 commentaires

  1. Oui, merci pour ce partage.

    Racisme anti-noir, antinégrisme, infériorité du noir, depuis l’antiquité, le Noir est diabolique et impropre à la civilisation, tandis que le Blanc est saint et propre à la civilisation. Ce sont des lieux communs dans nos sociétés dites développées.

    Mais votre article me rappelle la situation des groupes minoritaires en Afrique où, bien que le tribalisme et l’ ethnocentrisme ont été bannis des Constitutions africaines, il existe des groupes minoritaires comme les peuls qui sont victimes de stereotypes et de préjugés (voleurs à mains armées, violeurs, violents, non civilisés, mauvaise odeurs etc…) qui se sont contruits de manière historique et culturelle.

    ILS sont des étrangers et non citoyens partout oú ILS passent même si ILS y sont nés.
    Expulsés de plusieurs pays, au Ghana par exemple, cette opération a été nommée COWLEG…

    Ce group minoritaire est privé de zones de peuplement, de l’accès et de d’utilisation des resources.

    ils sont donc doublement discriminés:
    En tant que Noirs par les Blancs,
    et en tant que Ethnie « non civilisée et dangereuse » par les Ethnies Noires civilisés et autochtones non dangereuses.

    Dites moi, Binason Avèkes, du racisme anti noir ou de l’ethnocentrisme noir contre noir, lequel est le plus grave ?

    • Merci chère amie pour votre réaction et votre aimable « interpellation ». Le terme ethnocentrisme est historiquement situé. Voulez-vous par là parler de guerres ou de haines tribalistes, fratricides ou nationalistes ? Si c’est le cas, on ne peut pas dire que ce soit l’apanage des Noirs… Les Guerres villageoises des Européens qu’ils ont appelées mondiales, justement par ethnocentrisme, en sont des exemples édifiants.
      L’idéal au fond est qu’on soit unis ; mais alors cela signifierait qu’on cesserait de vivre pour soi, qu’on se définirait par rapport à l’adversité extérieure. Nous restons des êtres humains avec les défauts de ceux-ci. Nous avons besoin d’aimer et de haïr nos frères. Peut-être hélas qu’au détriment de l’amour, nous adonnons-nous trop à la haine, souvent en tombant dans les pièges de ceux qui nous haïssent sans discrimination, tous autant que nous sommes. A n’en pas douter, il y a un seuil au-delà duquel nous ne devons pas pousser la haine fratricide, au risque de tomber dans les pièges et les fers des autres.
      Dans l’histoire du Danhomè, nous avons tous pu voir où a conduit la discorde entre Toffa et Glèlè/Béhanzin. Et quand le Blanc a voulu jeter son filet colonial sur le Dahomey, il n’a pas donné dans la dentelle ; et comble de l’ironie, il a manifesté plus de respect à celui qui lui a résisté en donnant le nom Dahomey à toute la colonie. D’une certaine manière, dans sa frénésie de mésentente fratricide, on peut dire que Toffa a préféré le Dahomey au Danhomè… Qu’y a-t-il gagné ? Leçons de l’histoire…

  2. Merci.

    J’EN CONCLU DONC QUE LES NOIRS DEVRAIENT PRATIQUER L’AMOUR, L’AMITIÉ ET LA TOLÉRANCE POUR ETRE EN PAIX LES UNS AVEC LES AUTRES.

    SEULEMENT VOILÀ, IL FAUT SE RENDRE A L’EVIDENCE QUE LES INTERETS GOUVERNENT LE MONDE ET QUE LA LOI DU PLUS FORT EST TOUJOURS LA MEILLEURE.

    JE VALIDE VOTRE PROPOS, NOUS SOMMES VRAIMENT NÉS POUR NOUS AIMER, ET NOUS HAÏR, C’EST LA LOI DE LA NATURE.

    I rest my case.

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