Bénin : le Sort de Yayi Boni à l’Épreuve de la Crédibilité du Pouvoir

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Quand au début des manifestations qui allaient, pour la première fois dans l’histoire politique du Bénin, conduire à la mort de citoyens innocents, la foule s’était amassée devant le domicile de Monsieur Yayi Boni, sous prétexte de protéger l’ancien Président contre une arrestation imminente, les porte-parole politiques et sécuritaires du pouvoir  — soldats, capitaines, généraux et leur ministre de tutelle – ont démenti ces allégations avec la dernière rigueur, les mettant au compte d’une rumeur infondée et farfelue.

Mais enfin de compte, après la répression et l’extinction des manifestations avec le triste bilan que l’on sait, la condition de Monsieur Yayi Boni n’a rien à envier à celle d’un incarcéré. Comme le dit le proverbe fon, qu’on amène un mouton vers la corde, ou la corde vers le mouton, le résultat est le même si l’animal est attaché.

Pour la première fois aussi dans l’histoire politique du Renouveau, un ancien président est privé de liberté sans avoir été convaincu de haute trahison, de crime ou de malversation.

Depuis quelques heures, il y a l’écho d’un soulèvement dans le centre du pays, plus précisément d’échauffourées entre les populations de Tchaourou – la ville natale de Monsieur Yayi – et les forces de l’ordre qui, selon les dires des témoins riposteraient à balles réelles. À en croire les mêmes témoins, ces échauffourées seraient motivées par la crainte d’un assassinat de Monsieur Yayi décidé par le pouvoir et dont l’exécution serait imminente. C’est pour cela que, les populations de Tchaourou, comme on le dit en fon, ont mis de l’eau dans leur bouteille et demandent la mort ( do sin go bo biɔ ku).

On imagine que, comme naguère, les mêmes autorités politiques et sécuritaires monteront au créneau pour balayer d’un revers de main ces rumeurs qu’ils qualifieront de grotesques et farfelues. Mais qui peut encore ajouter foi à la parole des autorités au vu du sort actuel de Monsieur Yayi Boni ?

Le pouvoir avait assuré qu’il n’était pas question d’attenter à sa liberté ; or en fin de compte, Yayi Boni n’est pas libre aujourd’hui. Si le pouvoir assure que les rumeurs faisant état de l’intention de tuer l’ancien président sont farfelues sommes-nous tenus de le croire sur parole?

Ahoponu Badéji

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