Publié dans Press-Links

La Renaissance Éthiopienne

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Si en 1984, l’Éthiopie « mourait peu à peu », c’est aujourd’hui un des pays à la plus forte croissante économique. Comment la politique industrielle menée par le gouvernement éthiopien a-t-elle contribué à un tel résultat ?

L’Éthiopie a vécu et vit encore des temps troublés, comme en témoignent les quelques articles de presse publiés depuis 2015 sur les protestations qui se développent partout dans le pays. Des manifestations de l’ethnie majoritaire, les Oromos, rejoints par la seconde ethnie du pays les Amharas, ont été réprimées par le gouvernement. Pourtant les protestations ne visent pas seulement à dénoncer le traitement réservé à certaines populations, dans cette nation fondée sur le fédéralisme ethnique. L’enjeu est d’une part celui, ancestral, de la répartition des terres, dans un pays à la démographie dynamique et qui manque de terres arables (Planel, 2007), et d’autre part celui du partage du pouvoir politique et économique. Des terres, généralement occupées par des paysans oromos, sont pour une partie louées par l’État (propriétaire du sol depuis le milieu des années 1970) à des investisseurs étrangers, en particulier dans le « grand Addis Abeba ». Les anciens locataires se voient retirer leur gagne-pain et leur lieu de vie en échange de compensations trop faibles pour pouvoir s’installer ailleurs (si tant est que d’autres terres puissent être disponibles), et ces tractations foncières sont faites sans consulter la population locale.

Le problème de la répartition de la terre a été rendu inextricable par l’important développement économique que connaît le pays et qui lui vaut le qualificatif de « nouvel émergent ». Les investisseurs, séduits tant par sa croissance que par sa stabilité politique, ont afflué dans le pays pour y implanter des usines. Toutefois cette stabilité et cette croissance sont garanties au prix de l’autoritarisme (Bach, 2016). Ce serait cet autoritarisme, et la longévité du parti au pouvoir, aujourd’hui contesté par une partie de la population, qui auraient permis le développement économique de l’Éthiopie, selon le modèle proposé par le « consensus de Pékin » (Ramo, 2004). C’est du moins ce que défend l’ouvrage d’Arkebe Oqubay.

Politique industrielle planifiée en Éthiopie

L’Éthiopie s’est de fait caractérisée par des choix politiques et économiques qui la distinguent d’autres pays africains. Après la chute de l’Empire d’Haile Selassié en 1974, le pays a subi la dictature d’une junte militaire d’inspiration soviétique (Derg) jusqu’en 1991, date à laquelle ce régime est renversé par une coalition militaire d’organisations politiques fondées sur des appartenances ethniques et dominée par le parti tigréen (une ethnie minoritaire dans le pays). Dans les années 1990, mais surtout à partir du milieu des années 2000, lorsque le FMI prônait la libéralisation des économies africaines, l’ouverture et le développement du secteur privé, le nouveau gouvernement issu de cette coalition a opté pour une économie dirigée d’inspiration keynésienne et pour le protectionnisme, afin de soutenir les industries naissantes. Le gouvernement a élaboré différents plans visant à encourager le développement de certains secteurs de l’économie, choisis non en fonction d’« avantages comparatifs » (selon la théorie de l’économiste Ricardo), mais de leur capacité d’entraînement du reste de l’économie.

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