Nigeria : Voyages Présidentiels, le Change- ment est dans les Détails

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Le Président Muhammadu Buhari du Nigeria a jusqu’ici voyagé hors du pays 16 fois depuis son investiture en tant que président le 29 mai dernier.

Il n’y a pas de mois que Buhari n’ait voyagé hors du pays  pour des raisons officielles. Bien que, à plusieurs reprises, le président ait été représenté à l’étranger par le vice-président Yemi Osinbajo.

Buhari a voyagé hors du pays 4 fois en Juin; 3 fois en Septembre et en Novembre; 2 fois en Juillet et en Décembre; 1 fois en Août et Octobre.

Pays visité Dates Nombre de fois Occasion
Niger 03/06 1 Boko haram
Tchad 04/06 1 Boko haram
Cameroun 29/07 1 Boko haram
Bénin 01/08 ; 10/12 2 Boko haram + Kérékou
Ghana 7/09 1 Diplomatique
Afrique du Sud 13/06 ; 03/12 2 UA ; Afrique/Chine
France 14/09 ;29/11 2 Diplomatique ; COP21
Allemagne 7/06 1 G7
Malte 26/11 1 Commonwealth
USA 19/07 ;24/09 2 Diplomatique ; ONU
Inde 27/10 1 Forum Inde/Afrique
Iran 22/11 1 Pétrole
Total 16

Ces voyages provoquent un certain émoi dans les médias sociaux ces derniers jours avec certains commentateurs qui estiment que le Président a passé plus de temps à l’étranger qu’à visiter le Nigeria.

Ces critiques s’appuient sur l’argument selon lequel une économie comme celle du Nigeria, négativement affectée par la forte baisse des prix du pétrole ne pouvait pas continuer à financer de nombreux voyages à l’étranger par le président et ses collaborateurs

M. Buhari a voyagé aux États-Unis et en France 2 fois, au Tchad, au Niger  et au Cameroun 1 fois, au Bénin 2 fois — une première fois le 1er aout 2015, et une seconde fois pour les obsèques de Kérékou — , en Afrique du Sud 2 fois ; à Malte, en Allemagne, au Ghana, en Inde, en Iran 1 fois

En réaction à ces critiques, un responsable média du Président, Mallam Garba Shehu, dans un article d’opinion, a expliqué que les voyages à l’étranger de M. Buhari ne sont ni faits pour le plaisir encore moins pour un jamboree. Il a expliqué que Buhari a réduit le nombre de membres de ses délégations au « tolérable ou au minimum supportable. »

A titre de comparaison significative, le porte parole de Buhari a affirmé que le président était allé à l’Assemblée générale des Nations Unies en Septembre avec 32 membres dans sa délégation, y compris son cuisinier, son médecin et l’officier de bagages tandis que, selon lui, l’ex-président Goodluck Jonathan était allé à la même réunion en 2014 avec 150 personnes dans sa délégation officielle sans compter les membres de sa famille.

Certes pour un Président qui vient d’accéder au pouvoir, grande est la tentation d’aller au devant de ses pairs, de ne pas bouder leur curiosité d’une rencontre personnelle. Par ailleurs, rappelons qu’avant d’avoir été élu, Jonathan avait déjà été  président en exercice pendant deux ans. A son élection, Jonathan n’était  donc pas un novice sur la scène présidentielle. Ce qui n’est pas le cas de Buhari qui, élu président pour la première fois, a un légitime besoin de diplomatie personnelle susceptible d’influer sur la cadence de ses voyages internationaux. Donc considéré selon la cadence, on comprend qu’il n’y ait pas de changement entre lui et son prédécesseur. Mais considérée, selon le poids des délégations, comme on le voit pour sa participation à l’Assemblée Générale des Nations-Unies, grande est la différence entre lui et son prédécesseur.

Alan Basilegpo

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