
Décidément la politique ce n’est qu’une affaire de gros sous et de promesses de postes juteux. Là où il n’y a pas assez d’argent et de telles promesses, il y a bagarre. Là où on met le paquet, avec des cautions de poids, ( France, Françafrique, PAI investissements, Banque Rothschild, etc…) il y a paix et silence dans la vallée sinon motus et bouche cousue.
Sous ce rapport, la différence entre les alliances Soleil et FCBE, saute aux yeux. Voici en effet deux parties objectivement du Nord qui ont curieusement, en raison des données conjoncturelles de l’élection de 2016, choisi chacun un candidat du Sud. Alliance Soleil, entend-on, serait divisée alors que pour l’instant, malgré l’injustice de l’imposition de l’intrus Lionel Zinsou comme candidat de ce parti, nul dans les rangs de la FCBE ne lève le plus petit doigt de contestation, personne ne moufte.
Certes, il faut faire la part de la guerre médiatique qui fait voir les uns comme plus divisés et les autres plus unis qu’ils ne sont : la dénégation des dissensions d’un camp va de pair avec l’exagération de l’unité de l’autre. Quoi qu’il en soit, la différence de statut polémique entre une alliance de l’opposition et celle qui est au pouvoir est un fait indéniable
La raison de cette différence réside sans doute dans le fait que la rétribution de la paix ne vient pas seulement des milliards que certains empochent plus que d’autres, ou que d’autres seraient plus à même de débloquer que certains. Cette différence réside aussi dans la devise monétaire du système politique à savoir la promesse de postes.
Si avec ZL Yayi procède pas à pas avec l’assurance de celui qui est orienté vers un but certain, c’est qu’il sait à 100% que son poulain sera président. Comme le dit le proverbe yoruba, si l’éléphanteau avale des noix de coco, c’est qu’il a confiance en son anus. Yayi Boni a confiance, non pas au peuple dont le vote ne compte pas, mais au système de trucage électoral constitutionnellement huilé. Il sait que ZL sera élu président qu’il pleuve ou qu’il neige — la pluie venant du Bénin, et la neige de France. A la fin, comme une distribution de soupe populaire, la CENA et la Cour Constitutionnelle sortiront une louche et serviront 53 ou 54% à ZL. La marmaille des autres candidats s’entredéchira autour du reste. Et personne n’y trouvera à redire parce que, comme chacun sait, les décisions de la Cour ne sont passibles d’aucun recours. Les recalés de ce verdict vicieux pourront aller se rhabiller. Quel sud va se révolter d’avoir été volé de sa victoire lorsque c’est un Zinsou qui est élu président ?
Pourquoi Abiola qui s’est apparu à lui-même et aux imbéciles qui croyaient en sa candidature quoique humilié et frustré se tait ? Parce qu’on lui a promis le poste imaginaire de Premier Ministre. Pourquoi l’ingénieur en holdup électoral Arifari Bako ne dit rien ? Parce qu’on lui a garanti la continuité dans son poste de Ministre des Affaires étrangère. Or celui qui peut d’entrée s’assurer d’avoir le pouvoir est celui-là dont les promesses de postes sont les plus crédibles. D’où la paix dans son camp.
Alan Basilegpo
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