Sous le Chapeau de nos Hommes Politiques

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On n’a jamais vu Soglo trahir une quelconque hérésie vestimentaire en s’affichant avec un look haoussa ou sahélien, comme le font sans rime ni raison certains hommes politiques nationaux qui par ailleurs  se posent en figure politique du sud. La tenue qu’il porte ici, se veut une adaptation d’une tenue d’obédience yoruba mais avec un cachet adja, quelque part entre l’Ouémé et le zou. D’une manière  générale les vêtements authentiques que portent Soglo ne dépareillent pas avec l’idée que l’on peut se faire d’un descendant des princes d’Abomey. En cela, il campe dignement le pôle de la cohérence  identitaire.

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Voici un personnage politique, qui n’est pas ministre ni chef de l’Etat, mais un député. Par définition, le député est un élu de circonscription législative, en prise directe sur son bled. Il n’a donc pas les mêmes préoccupations de positionnement identitaire, ni le casse-tête d’un homme qui nourrit des ambitions de destin national.  En tout cas, jusqu’à nouvel ordre tel n’a pas été l’orientation active de Monsieur Vodonou. Cet homme est originaire du Zou, un Fon authentique. On se demande donc pourquoi il arbore un chapeau haoussa. Cela témoigne d’un certaine état d’esprit des hommes politiques du sud, qui ne se soucient pas d’être autocentrés et qui valorisent un certain cosmopolitisme. L’idée est que tous les Béninois sont égaux, et que l’on peut adopter la mise que l’on veut sans s’embarrasser de considérations régionalistes. Mais l’universalisme qu’affichent les hommes politiques du sud  n’a d’égal que leur prédisposition à trahir très facilement leur région lorsqu’il s’agit d’assurer leurs propres intérêts égoïstes.

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C’est la même question qu’on se pose avec Houngbédji ; ce grand leadeur national, qui a été candidat plus de trois fois aux élections présidentielles. Houngbédji a su en s’appuyant sur le PRD montrer la force de la région qu’il représente. En grand leader, il devrait rester droit dans ses bottes vestimentaires et ne pas errer, mais avoir des tentacules vers les autres départements et régions dont les ressortissants peuvent lui servir de représentants attitrés. Il n’a donc pas besoin de s’afficher avec un chapeau haoussa. Et devrait rester lui-même. Quel est le sens de cet éclectisme vestimentaire sinon cet état d’esprit cosmopolite propre aux sudistes, et qui n’est jamais payé de retour ? Imagine-t-on Maga, ou Kérékou portant ouvertement une coiffe des dah d’Abomey comme faisant partie intégrante de leur image publique ?

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Ici la tenue de Bio Tchane semble démentir l’analyse supra. Mais ce démenti est apparent. Ici Bio Tchane est en pure représentation. En vérité cette tenue ne fait pas partie du tout de l’image publique officielle ou possible de Bio Tchane qui campe avec intelligence et mesure l’image d’un musulman du Nord, en laquelle ses électeurs de base sont satisfaits de le voir. C’est quelqu’un qui de ce point de vue reste égal à lui-même. Ce serait une hérésie mal vue par ses électeurs que de vouloir inclure dans son image publique une tenue vestimentaire qui dissout son image attendue par ses électeurs. Chez le Nordique le tropisme spéculaire est vital. Ici Bio Tchane est en tenue de pèche aux voix ethniques du sud. Il fait l’âne fon pour avoir le foin.

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Ici, l’honorable Éric Houndété, probable futur candidat à l’élection présidentielle, joue les caméléons : un chapeau par région ou par audience. Son éclectisme vestimentaire relève de la même motivation que son collègue Vodonou. Avec en plus un cynisme professionnel affiché.

Saliou Adambi

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