Afrique : Honte à Nos Dirigeants Charlie Zombies

aka2Depuis cinq ans qu’ils sévissent à coups d’atrocités, de carnages, de kidnapping et  de destructions en tous genres, le groupe terroriste dit Boko haram tue en moyenne 20 personnes tous les trois jours. Et pourtant parce que 17 personnes sont tuées en France par des terroristes qui partagent la même folie criminelle que Boko haram, des centaines de milliers de gens se sont réunis à Paris dans une ferveur émotionnelle inhabituelle dans l’histoire des réactions contre le crime terroriste. Si le terrorisme crée l’injustice par le caractère aveugle de ses attaques, quelle autre injustice n’est pas le caractère sélectif des réactions contre ses actions ?
On dira que chaque peuple, chaque nation ou chaque continent est responsable du type de réponse collective qu’il entend donner à l’expression de son refus du terrorisme ; et qu’on ne pourrait forcer les Africains à être plus solidaires les uns envers les autres ; pas plus qu’on ne peut blâmer les Occidentaux de donner du prix à la vie de leurs citoyens, même lorsqu’ils invoquent des valeurs humaines pour lesquelles malheureusement ils sont bien moins regardants lorsque les victimes du terrorisme ne sont pas des Blancs ou des Occidentaux comme eux. Du reste, vu qu’une part non négligeable du terrorisme découle des conséquences des actions géopolitiques des Occidentaux, si ceux-ci tenaient en haute considération la vie des êtres humains des pays où ils se lancent sans réfléchir dans des expéditions militaires, – L’Irak, la Libye, le Mali, etc…— peut-être réfléchiraient-ils par deux fois avant de prendre ces initiatives qui mettent en danger la vie des peuples concernés.

Tout cela est exact mais peut-être que pour lutter efficacement contre l’injustice du terrorisme, faudrait-il commencer par mettre fin à l’injustice que trahit le discours sous-jacent à la sélectivité des réactions aux crimes terroristes. Ce sentiment de deux-poids-deux-mesures. Quand un crime terroriste est commis en Europe, les Européens réagissent massivement, dramatisent cela, et, à voir la réaction qui en résulte comparée à leur silence ou à leur condamnation du seul bout des lèvres des crimes autrement plus monstrueux que commettent les mêmes terroristes ailleurs, on a le sentiment que les uns sont des êtres humains et les autres autre chose que des êtres humains ; on a le sentiment que l’être humain commence seulement avec les Blancs, les Occidentaux, les Européens, les enrichis au détriment des appauvris depuis plusieurs siècles : de l’esclavage au néocolonialisme en passant par le colonialisme. Les choses qui arrivent à un individu et pour lesquelles l’Occident mobilise le monde entier et remue ciel et terre, ces mêmes choses disons-nous arrivent chaque jour à des dizaines d’individus en Afrique — Nigeria, Centrafrique, Kenya,  Somalie, etc. — et dans d’autres parties du monde — Irak, Libye –, dans le silence et l’indifférence généraux.
Mais le plus consternant est la position des Africains dont les dirigeants, insensibles aux grandes blessures qui frappent leurs congénères, tels des chiens de garde, à la moindre égratignure de leurs maîtres occidentaux, sont prompts à hurler avec les loups.

Prenez le cas du Nigeria ou Boko haram sévit, et le Bénin qui en est un pays voisin et frère. Combien de fois le président du Bénin, M. Yayi Boni, est-il parti au Nigeria pleurer les victimes de Boko haram ? Mais, à l’instar d’une brochette de ses semblables qui semblent n’avoir aucune conscience claire de ce qu’ils sont et font, le voilà répondant à l’appel de Paris, à manifester son soutien à la France, au besoin en appuyant son geste d’une idiotie lacrymale des plus affligeantes, alors que pareille idée ne lui a jamais traversé l’esprit en faveur de nos frères Nigérians qui meurent par dizaines chaque jour de la même cause. Et l’exemple du Nigeria et du Bénin choisi ici n’est qu’un cas parmi tant d’autres de l’indifférence générale des Africains vis-à-vis d’autres Africains ; de l’attentisme bestial qui les pousse à ne donner importance aux choses que lorsque que les occidentaux en ont décidé ainsi.

Oui il faut être Charlie et refuser le terrorisme ; mais il faut l’être partout où il frappe ; et surtout en Afrique ne pas attendre que l’ordre de commisération vienne d’ailleurs avant de la ressentir comme telle. Car quand un dirigeant africain manifeste sa commisération pour 17 morts français tués à Paris par des terroristes, qui leur reprochent de blasphémer le prophète Mohamed,  et ne fait rien lorsque d’autres terroristes tuent aveuglément autant d’innocents en deux jours au Nigeria, alors un tel dirigeant n’est rien moins que le roi des aliénés, le lider maximo des zombies. Et c’est pitoyable pour notre race…

Dr Aboki Cosme

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