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Yayi Boni à l’Unesco

                               Pause culture

Dans sa course à la croissance sous-tendue par la vision d’une Afrique comme vaste marché sans frontière, le Président Boni Yayi, en visite en France, a fait une pause culture. Visite officielle au Siège de l’UNESCO, à Paris le 29 juin. C’est sa première visite dans un si haut lieu de la culture depuis son élection en avril 2006. Mais même dans ce Temple, le Président Boni Yayi est resté fidèle à sa culture ; il n’a pas cédé aux sirènes de l’acculturation, le thème de sa conférence en porte témoignage : « Démocratie et développement ».

Ce thème en prise sur ses préoccupations économiques, a permis au Président de lever un coin du voile sur sa perception de la dynamique globale du développement dans ses rapports avec la culture. Dans son allocution, le Président béninois, qui a dit avoir placé son mandat « sous le signe du développement et du partage d’expérience », a estimé que « pour gagner le défi du développement, il faudrait d’abord commencer par satisfaire […] l’un des besoins fondamentaux de l’homme qui est l’instruction et l’éducation ». Il a mis l’accent sur le besoin d’un « enseignement de qualité enraciné dans nos cultures et ouvert à toutes les cultures ».

Pour Monsieur Yayi Boni, la culture est l’un des facteurs du développement, aux côtés de la science et de la communication. « Les modèles de développement que l’on a essayé de nous imposer jusque-là et qui ont fait abstraction de nos réalités culturelles, n’ont-ils pas montré leurs limites sinon leur échec ? », a-t-il déclaré.

Parlant de l’UNESCO, le Président béninois a affirmé que ses « domaines de compétence [..] paraissent bien constituer le lieu même où se jouent les enjeux d’une véritable culture de la paix et du développement » Pour lui, l’UNESCO est un « laboratoire d’idées par excellence ». Et d’ajouter en substance : « Je suis donc venu au laboratoire pour qu’ensemble nous puissions approfondir l’une des préoccupations fondamentales de nos peuples, à savoir le développement, et voir comment l’UNESCO peut répondre concrètement dans ses domaines de compétence à cette aspiration qui est largement partagée sur tous les continents »

Certes, la pensée culturelle du Président n’est pas celle de la culture en soi et pour soi. Nous ne sommes pas encore dans l’autonomie de la culture. Dans les conditions sociales et économiques qui sont les nôtres aujourd’hui, ce serait un véritable luxe que la culture ne soit pas directement solidaire du développement. De ce point de vue, et eu égard au titre de sa conférence devant le parterre de l’UNESCO, le Président n’a pas trahi ses préoccupations. Sa pause café dans ce Temple de la Culture est donc riche d’enseignement. Sans faire un grand discours à forte charge idéologique, Monsieur Yayi Boni a livré le fond de sa pensée sur les rapports entre culture et développement. Du coup, le Changement en tant qu’œuvre collective se trouve inséré dans une perspective cohérente et lisible. L’athlète d’Etat Yayi Boni peut reprendre son marathon économique et financier avec vigueur et l’esprit en paix. Souhaitons seulement que cette pause culture ne soit pas une simple pose culture…

© Aliou Kodjovi, 2006

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