Morts avant, Sagesse après : Haro sur la Méthode Cynique de Macky Sall

La méthode de Macky Sall semble maintenant rodée. Il voulait briguer un 3e mandat, tout son langage gestuel le criait. Des jeunes sont descendus massivement dans la rue et ont manifesté contre. Il en a tué une bonne trentaine, tirés comme des lapins, et comme des lapins ils n’ont eu droit à aucune compassion post-mortem. Aucune enquête n’est ouverte pour situer les responsabilités dans ces crimes. Bestiale impunité à l’africaine, survivance de l’idée colonialiste d’absence de valeur humaine du Noir, frappé par son infériorité, sa sous-humanité, son animalité qui ne justifie pas qu’on s’émeuve outre mesure de sa mort. Circulez, il n’y a rien à voir ! 

Suite à ces manifestations, à ces morts, eh bien qu’il déniât à ceux-ci le statut de martyrs de la Démocratie, après en avoir reçu l’ordre de ses maîtres français, il dit décider de ne pas se présenter aux prochaines élections présidentielles. Proposition qu’il faut bien distinguer de la thématique du 3e mandat, et donc finalement de l’interprétation abusive qui en est faite généralement dans le landerneau Francafricain. Dire qu’on ne va pas se présenter à la prochaine élection, sous-entend qu’on a le droit de le faire mais qu’on y renonce librement et en toute conscience. Mais la question à poser  à Macky Sall est : « Quand as-tu tu renoncé à te présenter aux prochaines élections présidentielles ? Avant les morts consécutifs aux manifestations ou après ? » Si c’est avant, que n’as-tu eu le bon sens de faire ton annonce plus tôt? Cela aurait épargné des vies humaines, celles de jeunes hommes et femmes tués pour avoir seulement réclamé le respect de la Constitution. À moins bien sûr qu’atteint du syndrome peau-noire-masque-blanc,  tu penses, comme c’était le cas à l’ère coloniale, que la vie d’un Noir ne vaut pas plus que celle de bestiaux. 

Maintenant Macky Sall se retrouve en amont d’un nouveau cas potentiellement tragique. La question de l’inclusivité des élections auxquelles il promet de ne pas participer. Plus précisément la fin rapide du harcèlement politique dont est victime l’opposant Ousmane Sonko, et la clarification de la question de son éligibilité ainsi que de sa participation effective aux prochaines élections présidentielles. 

A moins qu’il n’attende, comme il l’a déjà prouvé précédemment, le tribut sacrificiel de plusieurs dizaines de morts dans de prochaines manifestations de jeunes avant de dire : « Peuple sénégalais, Chers compatriotes, j’ai décidé d’autoriser la candidature d’Ousmane Sonko aux prochaines élections présidentielles” ;  et de parader à nouveau comme un héros barbare qui navigue pénard sur une mer de sang… 

Aminou Balogun