BÉNIN ; SPÉCIALE RENCONTRE SYNDICALE INTERNATIONALE
DES 24 ET 25 JUILLET 2015
LES ACTES DE COTONOU
Éditorial
L’exploitation féroce des travailleurs salariés et les assauts du capital financier mondial contre les acquis du mouvement syndical international sont aujourd’hui des données fondamentales dans la lutte entre le Capital et le Travail. Cette lutte se déroule en général de manière inégale du fait que les employeurs, représentants du capital financier, s’organisent de différentes manières à partir de leurs rencontres au cours desquelles ils élaborent et mettent en œuvre des plans et stratégies de musèlement des travailleurs. Malheureusement pour les travailleurs, producteurs de toutes richesses, les rencontres internationales ou régionales ne sont qu’épisodiques avec des débats généralement superficiels.
Même le développement actuel des technologies de l’information et de la communication ne permet pas toujours l’échange d’expériences de lutte syndicale. Or sans ces échanges, sans des rencontres et formes sérieuses d’organisations, la riposte des travailleurs ne saurait être adéquate face à l’exploitation dont ils sont victimes. C’est convaincus de cette nécessité et prenant appui sur la tradition de lutte léguée par l’Union Générale des Travailleurs d’Afrique Noire (UGTAN), que des responsables d’organisations syndicales, essentiellement d’Afrique de l’Ouest francophone ont pris l’engagement d’organiser une Rencontre Syndicale Internationale à Cotonou au Bénin. C’était à l’occasion du 6ème congrès ordinaire de la Confédération Générale du Travail du Burkina Faso (CGT-B) en novembre 2013. Ces organisations ont décidé de se retrouver au Bénin l’année suivante et la tâche d’organisation a été confiée à la CSTB. La situation sociopolitique tumultueuse en 2014, aussi bien au Bénin qu’au Burkina-Faso, n’a pas permis la tenue de ce rendez-vous. Mais ce n’était que partie remise puisqu’avec la volonté inébranlable des chefs du mouvement syndical de bien de pays, l’engagement a été renouvelé à Genève en 2015. Et cette fois-ci, sans plus le remettre à plus tard, l’exploit a été réalisé. Près d’une vingtaine d’organisations syndicales représentant six pays d’Afrique occidentale, notamment de l’espace UEMOA, ont tenu victorieusement leurs assises à Cotonou les 24 et 25 juillet derniers. La rencontre a eu lieu sous le thème général de « Unité de luttes et solidarité internationale comme des réponses aux agressions du système capitaliste contre les travailleurs et les peuples. » L’intention affichée est sans ambiguïté et ce fut l’aboutissement d’un pari pris, mais en même temps le début d’un défi aux organisations syndicales et à leurs responsables. Il s’agit désormais pour tous d’œuvrer au renforcement et à l’élargissement du « cadre d’action syndicale sous régionale » qui passe nécessairement par l’unité d’action des Confédérations et Unions Syndicales au niveau de chaque pays comme le stipule une des recommandations de la conférence. Les participants à la conférence ont affirmé leur volonté et la nécessité pour tous à prendre une part active aux combats émancipateurs des peuples pour un développement économique radieux de nos pays. Ainsi un appel est lancé à tous pour la lutte contre le bradage du patrimoine national, les licenciements sauvages, la corruption, les crimes économiques et politiques sur fonds d’impunité. Les participants ont dénoncé les accords dits de partenariat qui étouffent le développement des pays anciennement colonisés avec des guerres réactionnaires qu’ils alimentent avec leurs lots d’insécurité.
Appréciant à sa juste valeur les puissants mouvements revendicatifs des travailleurs de nos pays, les participants à la conférence ont appelé à une coordination de ces luttes pour plus d’assurance dans l’atteinte des objectifs, pour la victoire des travailleurs.
Les tâches sont clairement définies et il revient à tous les travailleurs, à toutes les organisations syndicales de se mettre à l’œuvre pour qu’à l’heure de l’évaluation, chacun puisse indiquer avec fierté sa contribution au combat pour le développement de nos pays et de nos peuples. Rendez-vous est pris pour le Niger en 2016. Vivement donc que la marche vers l’unité syndicale sous-régionale soit la plus courte possible pour accélérer l’avènement de l’UGTAN des temps modernes.
Au combat, la victoire est à la classe ouvrière.
Paul Esse IKO
Discours d’ouverture à la rencontre syndicale internationale de Cotonou


