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Parfois, je me prends à penser que Nelson Mandela n’aurait jamais existé si les Blancs n’étaient pas cupides, cruels et inhumains envers les Noirs. Et je crains souvent que l’idéalisation et les tapages occidentaux autour de Nelson Mandela dans une culture où le Noir est volontiers envoyé au diable, ne visent essentiellement qu’à occulter, voire scotomiser le sombre palmarès d’inhumanité en quoi a consisté les rapports entre les Noirs et les Blancs : que ce soit en Afrique du Sud dans le contexte de la lutte de libération de l’apartheid portée par Nelson Mandela ou avant lui, à travers la traite négrière, l’esclavage industrielle des Noirs, la colonisation, le néocolonialisme où la haine raciste du Noir en général.
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Cette fonction de Nelson Mandela dans l’imaginaire occidental, il n’est d’ailleurs pas le seul à l’assumer, même si le parti pris prédateur des Blancs à l’égard des Noirs, qui les pousse à ravaler ceux-ci au rang d’animaux n’est a priori pas compatible avec l’héroïsation du Noir. Si le Blanc fabrique un héros noir à destination des Noirs ou partage avec eux le culte universalisé d’un héros noir, c’est que ce culte à une fonction expresse : celle de masquage de leur inhumanité impénitente à l’égard du Noir et de dénégation de leur culpabilité
Amida Bashô
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