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BASHIRU et BELUCHI, ou Pourquoi Wole Soyinka n’était pas Présent aux Obsèques de Chinua Achebe.
L’histoire de BASHIRU, un Nigérian pilleur de pipeline m’inspire quelques réflexions sur les mentalités dans leurs rapports avec la politique et l’appartenance ethnique. L’histoire est racontée dans le PUNCH du 20/06/2013. BASHIRU MAJIYAGBE a connu la prison cinq années plus tôt pour cause de vandalisme sur les pipelines, fléau qui sévit au Nigéria, grand producteur de pétrole mais aussi pays où les revenus de cette manne sont inégalement répartis ; ou plus exactement font l’objet d’une répartition dont le caractère inégalitaire est d’une violence bestiale.
Libéré quelques semaines plus tôt, BASHIRU vient d’être à nouveau arrêté pour le même vandalisme et sera jugé sans doute plus sévèrement, vu que sa première expérience carcérale ne semble pas l’avoir instruit. Dans une interview au PUNCH, le récidiviste explique que depuis la prison, il a créé un gang qui opère sur les pipelines. Ce qui fait qu’une fois libéré, il n’a eu qu’à continuer à ciel ouvert ce qu’il faisait déjà derrière les barreaux… Le Nigéria est un pays très corrompu, marqué par une délinquance et une criminalité endémiques. Le taux de ces activités criminelles est plus élevé que cette normale dont les sociologues considèrent qu’elle définit une société saine. Dans les grandes villes, le vol à main armée est une banalité, et se solde souvent par des morts. L’une des caractéristiques de Lagos, la plus grande ville du pays, ce sont ces cadavres humains au coin des rues qui pourrissent, dans l’indifférence générale et que personne n’ose considérer comme tel, comme s’il s’agissait d’un cadavre animal ou d’un monstre abandonné par des extraterrestres en fuite. Quand on voit l’âge moyen des délinquants et autres area boys qui sévissent dans les quartiers ainsi que l’âge moyen des gangsters–une petite vingtaine au plus –quand on voit leur nombre à Lagos et dans les grandes villes du pays, quand on voit leur virulence et leur violence, la hargne implacable dont ils font montre, on se dit que tout cela traduit un échec de l’éducation. Si l’école avait fait son œuvre, à supposer qu’elle pût accueillir tous les enfants du pays et les conduire jusqu’à un âge certain ; si l’école, pour ceux qui en ont bénéficié, avait pu déboucher sur une formation et un emploi, il serait normal d’espérer que le grand nombre de déscolarisés ou analphabètes, abandonnés à eux-mêmes, les milliers de sans-emplois qui peuplent les villes, bref que tout ce beau monde ait mieux à faire que d’aller grossir les rangs des gangsters, des area boys qui infestent les villes et se livrent à des activités criminelles de toutes sortes : kidnapping, trafic de drogue et d’armes, arnaques sur Internet, vol à main armée, viol, recel de cadavres, etc…
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