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Le Bénin n’appartient pas à un individu, fût-il le président de la république. Le Bénin n’appartient pas non plus à un faisceau d’individus fussent-ils une coterie de faiseurs de roi.
S’il en est ainsi, c’est au peuple de décider qui sera son dirigeant, dans la transparence et la vérité. Et cela n’a rien à voir avec des élections réalisées sous pression de l’argent dans la corruption des esprits et des consciences. L’argent reçu par quelques-uns, quels que soient son origine et son montant, ne peut pas justifier la mise hors jeu du peuple.
S’il en est ainsi, c’est du sein du peuple que doit sortir le président.
De ce point de vue, les signes de ces derniers jours, qu’ils émanent d’un acte désespéré, de folie ou réfléchi, sont inquiétants et inacceptables dans ce qu’ils signifient.
S’il en est ainsi, le président doit être à l’image du peuple. Il doit être dans le peuple, il doit être derrière le peuple, il doit être devant le peuple. En tout état de cause, le président ne doit être ni au- dessus du peuple, ni en dehors du peuple.
Si le président ne doit pas être un idiot, il n’a pas besoin d’être un surdoué, il n’a rien à voir avec un surdoué.
Si le président doit savoir compter, s’il doit être à la tête d’un pays prospère où il fait bon vivre pour tous, le président n’a pas besoin d’être un économiste ou un gestionnaire professionnel. Présider, diriger, c’est autre chose que gérer.
Si le président doit pouvoir réfléchir par soi, anticiper, analyser et décider, le président n’est ni un savant ni un professeur. L’économiste ou le gestionnaire, le savant ou le professeur peuvent être conseillers ou ministres du président, pourvu qu’ils en remplissent les conditions politiques.
Le président de la république est au peuple ce que le berger est au troupeau. Le berger n’a pas besoin d’être vétérinaire. Le berger n’est pas un vétérinaire et le vétérinaire n’est pas un berger. Le vétérinaire peut aider le berger à soigner le troupeau.
Ces vérités sont évidentes par elles-mêmes ; une société régie par l’éthique doit les faire siennes ; c’est sous leur autorité que nous pouvons agir et mériter d’être un peuple libre, fier, un peuple engagé dans la voie du progrès.
Les décisions autoritaires qui par le passé sont allées à l’encontre de cette vérité sont condamnées par l’histoire. Choisir à la place du peuple son dirigeant, faire de l’élection du président une mascarade pour accréditer un choix opéré par quelques-uns ou imposé de l’extérieur c’est ne faire aucun cas de la maturité du peuple ; choisir un dirigeant qui ne ressemble pas au peuple, c’est mépriser le peuple, c’est ignorer ses aspirations profondes. Choisir à la place du peuple son dirigeant, imposer au peuple un dirigeant qui ne lui ressemble pas, un dirigeant qui ne vient pas de son sein, un dirigeant qui n’a pas blanchi sous le harnais de la vie politique interne c’est faire violence à la justice, au respect et à l’amour du peuple qui doivent inspirer toute action politique.
Déroger à cette vérité simple et profonde une fois et en toute bonne foi dans la nuit du rêve passe encore ; y déroger une seconde fois dans la pénombre de l’espérance est encore tolérable mais vouloir recommencer une troisième fois en plein jour, en aggravant l’écart spéculaire entre le président et son peuple, en sacrifiant ce rapport sacré sur l’autel de l’argent, ou de soi-disant compétences techniques c’est une hérésie, une mystification et un crime de lèse-autonomie : un viol de la norme politique et éthique.
Après tous les errements que nous avons connus, après les 10 années de Yayi Boni qui ont conduit à la désillusion et à l’impasse, en 2016 le président de la république doit être tout le contraire de ce que représente Yayi Boni, dans sa concavité politique, dans son extraversion scandaleuse, dans son itinéraire, dans son rapport à la nation, sa ressemblance par rapport au peuple, et dans le mode même de son apparition sur la scène politique. C’est la première et grande leçon que nous sommes en devoir de tirer de notre expérience politique de peuple : le président de la république du Bénin en 2016 doit ressembler au peuple et émaner de son sein. Comme son image dans le miroir de la nation, le président doit être un homme du peuple.
Deuxième leçon : le président de la république dirige le peuple et le conduit dans la voie choisie par la nation souveraine. A la fois devant le peuple et derrière lui, le président est un berger et non un vétérinaire.
Ensemble, luttons pour faire de ces deux leçons une concrète réalité. Faute de quoi, nous ne serons pas dignes de nos ancêtres et nos descendants s’il en existe de libres ne seront pas fiers de nous.
Amangbénon Tiburce, Boston, Massachusetts, USA
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Monsieur le donneur de deux leçons,
Ce qui frappe l’ancien cancre rétif aux leçons que je crains d’être, au delà de la fatuité que j’y vois, c’est la pauvreté de l’ambition pour notre pays.
Le salut du Bénin tiendrait donc à ce que nous nous choisissions pour président un politicien-béninois-vrai-vrai tingbédjou, rompu aux arcanes de la traîtrise érigée en grand art, de la ventrologie et de la médiocratie traditionnelles ! Lol ou mdr ou ptdr au choix.
Lesquelles qualités, ce me semble, ont fait des preuves éclatantes depuis 50 ans que nous avons de bien bons dahoninois à la gouvernance de ce pays ! Blanchi sous un tel harnais ? (Au fait la métaphore chevaline n’est pas des plus flatteuse pour votre cador re-lol ! Elle fait vieux cheval ployé sous le faix et abruti par le joug, bref rossinante parvenue sur le tard et bien décidé en conséquence à profiter de la mangeoire vers laquelle de « vrais » paysans la tête près du bonnet l’ont mené. (Mais je m’égare).
Ledit blanchi sous harnais ( au fait blanchi ça fait pas yovo ? Tention hein !) serait donc la condition sine qua non dont vous appelez l’avènement !!!
Naïvement j’aurais imaginé qu’on appelle de ses vœux, que dis-je, qu’on exige désormais un président doté d’une vision pour notre pays, d’un plan d’action, intègre, désinterressé, un homme (ou une femme) d’Etat quelque soit l’endroit où le sort l’a fait naître, l’origine de l’un de ses deux parents, sa maîtrise ou non du tchabè, du goun ou du lokpa dans le texte.
Un qui serait réellement au fait des dynamiques qui gouvernent la marche du monde actuel et soucieux de leurs enjeux pour ce si petit pays qu’est le notre.
Un patriote aimant furieusement, inconditionnellement ce pays, capable de mettre en exergue des atouts qu’en dépit de nos stériles migbê nu yovo lè, Mi ko djè mi déssi, nous n’avons pas été capables de seulement constater.
Capable de réaliser ce miracle que, quelque soit l’endroit du monde où nous il se trouve et malgré nos oppositions fondées ou puériles, chaque béninois soit fier et ému de participer comme tel à la marche du monde plutôt que de regarder passer le train.
Capable de se battre pour nous et avec nous, fort de la foi qui déplace les montagnes, avec l’énergie que donne la conscience de l’urgence.
Capable en conséquence d’asséner à la face du monde, avec la tranquille assurance que donne la certitude en ses capacités : Bénin is back !
Mais non, encore et toujours, il faut nous ramener D’ABORD à ce que nous aurions plus qu’intérêt à abandonner à jamais : l’idée étriquée, rancie et combien vaine du « vrai béninois ».
Du vrêbéninwâ, les autres, qu’il faudrait d’ailleurs définir, étant sans doute des faux.
C’est clair, deux si brillantes leçons nous mèneraient direct sur la voie du succès !
Petit pois épicé, Agblangandan, Afrique, Monde.
Vous devriez aller lire « Ce que Parler Veut Dire » de Pierre Bourdieu, un autre donneur de leçons. Car parler ce n’est pas concentrer, empiler, faire assaut d’usage de toute sorte d’expressions plus ou moins superfétatoires. Ce qui me donne l’idée d’une troisième leçon : parler simplement une de nos langues nationales : le ditamari, le bô, le yoruba, le fon, le mina, etc. Car vous semblez, comme beaucoup de ces passionnés de l’étranger, être persuadé que la respectabilité, la vérité ou la pertinence intellectuelles sont une fonction directe de « l’intension rhétorique » dans la langue du blanc…
Bourdieu qui c’est ? Encore un Endogène ? Vous êtes son héritier ? (Pardon, j’ai pas pu m’empêcher 🙂
Plus sérieusement, ne versons pas dans l’anathème et le procès d’intention. Souffrons la contradiction et gardons nous d’imaginer que nous détenons la Vérité, cette chose si mouvante et si peu palpable que lorsque nous pensons l’avoir trouvée, nous disparaissons.
J’observe que peu de gens prennent la peine d’émettre des commentaires aux analyses si souvent passionnantes que vous et vos amis publiez pour le plus grand bonheur de plein de gens dont je suis, bien que je ne sache ni lire ni parler.
Acceptez donc ceux qui s’y intéressent. Nos fameuses Valeurs Endogamiques ne promeuvent elles pas l’accueil et la sérénité ?
Et pour répondre sur le fond, si j’étais ce que vous pensez, cela me paraitraît une excellente chose que d’être passionné par l’étranger, à condition que nous le soyons de nous même tout autant.
Que produit l’endogamie inhérente à l’endo-génie ? (re-pardon 🙂 🙂 🙂 concentration de tares, la nature qui paraît-il ne ment pas, le sait bien.
Bon dimanche d’élections. J’attends avec la même impatience que d’habitude les prochaines analyses sur cette nouvelle étape de notre pays.
Ne prenez pas trop la mouche ; le propos ici est simple : le président du Bénin doit être choisi parmi les Béninois et doit être un homme du peuple. Il doit ressembler au peuple, et son choix, clair, transparent et juste ne doit rien devoir aux intrigues néocoloniales qui continuent de nous assujettir. Voilà, pour le propos ; pour le reste on ne dit pas de vivre dans une grotte, et de n’avoir la lumière du soleil que par réflexion. Qu’y a-t-il de mal à ça ? Je crois que c’est un principe qui doit fédérer tous les élans patriotiques et mettre les Béninois authentiques d’accord. On ne va quand même pas aller choisir le Président du Bénin au Zimbabwe !
Par contre, vous avez vu juste en soulignant le décalage entre le nombre de lecteurs et le nombre de commentateurs. Cela n’est pas propre à ce site, même si sa propension à analyser peut pousser le lecteur moyen sur sa réserve sinon sur la défensive. Il y a plus d’une raison à ce hiatus dont la moindre n’est pas le rapport à la langue étrangère… Vous voyez, on chasse l’étranger, et il revient au galop… Ah, ce serait bon si le prochain président pouvait en matière de langue nationale payer un peu de sa personne ! En attendant, vous qui payez de la vôtre pour combler le vide de commentaires sur ce site, ne vous arrêtez pas en si bon chemin…