AZANƉÉGBÉHO : Cotonou ou la Pomme de Discorde

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AZANƉÉGBÉHOl’histoire d’un jour

DU :    19 MAI

19/05/1868 Traité de Cession de Cotonou à la France

Les relations entre la France et le Dahomey

Au XVIIe siècle, la Compagnie des Indes avait établi un fort français à Ouidah, que Choiseul fait passer en 1763 directement sous l’autorité du Roi. La garnison en fut retirée en 1797, mais il subsistait un comptoir commercial.

Le 1er juillet 1851, le lieutenant de vaisseau Bouet si­gnait à Abomey avec le roi Ghézo (1818-1858), un traité d’amitié et de commerce qui reconnaissait la souveraineté de la France sur le fort français de Ouidah.

En 1864, Glélé (1858-1889) cédait verbalement Cotonou à la France. Cette acquisition fit l’objet d’un traité du 19 mai 1868 signé par le lieutenant de vaisseau Arnoux et le gouverneur de Ouidah pour le compte des rois du Dahomey.

D’autre part, les Mina avaient vendu en 1857 Grand-Popo aux autorités françaises et en 1863, Sodji, roi de Porto-Novo, avait placé ses États sous le protectorat de la France. Ce protectorat fut abandonné en 1865, sous la pres­sion des Anglais qui occupaient Lagos depuis 1862 et souhai­taient drainer le trafic vers ce port.

L’expansion française ne reprit qu’en 1880 après la pé­riode de recueillement qui avait suivi la guerre de 1870.

Elle fut marquée, sur le plan de la diplomatie euro­péenne, par le traité du 24 décembre 1885 avec l’Allemagne et celui du 10 août 1889 avec l’Angleterre, qui fixaient les zones d’influence respectives de la France et de ces États, pour le Togo et le Nigeria.

Sur place, le 19 avril 1878, le capitaine de frégate Ser­val concluait à Ouidah avec les représentants de Glélé un traité de protectorat et enregistrait la cession de Cotonou à la France.

Un décret du 14 avril 1882 établissait de nouveau, à la demande du roi Toffa, le protectorat sur le royaume de Porto-Novo.

Mais l’installation française gênait le royaume du Da­homey et entravait les expéditions militaires de Glélé.

Dès la fin de 1887, celui-ci fit savoir qu’il ne reconnais­sait plus le traité de 1878 et réclamait l’évacuation de Porto-Novo. En 1889, les troupes dahoméennes passèrent l’Ouémé et dévastèrent le pays. Une mission française, dirigée par Bayol, lieutenant-gouverneur des Rivières du Sud, séjourna à Abomey, en novembre et décembre 1889, sans parvenir à faire revenir Gléglé sur ses décisions. En décembre 1889 Gléglé meurt et est remplacé par son fils Béhanzin.

Les troupes françaises renforcées occupèrent Cotonou et livrèrent, avec l’aide de quelques bateaux, divers combats à l’armée dahoméenne. Celle-ci échoua dans son offensive pour prendre Porto-Novo. L’amiral de Cuverville reçut mis­sion de régler les incidents par voie de transaction.

Le 3 octobre 1890, les représentants de Béhanzin si­gnent avec le commandant de Montesquiou-Fezensac et le capitaine Decoeur, un nouveau traité reconnaissant le pro­tectorat français sur Porto-Novo et l’occupation de Cotonou contre paiement d’une indemnité de 20 000 F (450 000 F ac­tuels).

Le traité ne fut pas longtemps respecté. En mars 1892, Béhanzin, qui avait pu acheter des armes avec l’argent du traité, recommence à razzier le territoire de Porto-Novo ; les Dahoméens attaquent la canonnière de l’Ouémé et menacent Ouidah. A une demande d’explications, Béhanzin répondit par une lettre du 29 mars 1892 qu’il n’entendait pas changer de méthodes.

Le 30 avril, le Gouvernement français décide l’envoi du colonel Dodds et d’un renfort de troupes. Ceux-ci débar­quent fin mai à Cotonou.

La colonne se met en marche en août 1892 et livre de très difficiles combats, causant des pertes importantes. Elle prend Dogba, Poguessa, Akpa, Koto, Vacon, puis, le 12 no­vembre, Cana, ville sainte du Dahomey. Enfin, le 17 novem­bre, elle occupe Abomey malgré des offres de soumission de Béhanzin. Celui-ci s’enfuit vers le nord.

Le 3 décembre 1892, Dodds, promu général, proclame à Porto-Novo la déchéance de Béhanzin, le protectorat de la France sur le royaume du Dahomey et l’annexion de divers territoires sur la côte allant de Porto-Novo à Ouidah.

Un décret du 10 mars 1893 constitue la colonie du Bénin.

La campagne de 1893-1894 achève la pacification. Dodds, revenu en août 1893, forme des colonnes volantes qui poursuivent Béhanzin et les restes de l’armée dahoméenne qui subsistaient dans le Nord. Le royaume du Dahomey est divisé en deux, celui d’Abomey (supprimé en 1900) et celui d’Allada.

Le 26 janvier 1894, Dodds reçoit la soumission de Bé­hanzin qui est déporté à la Martinique puis, quelques années plus tard, en Algérie où il meurt en 1906.

Le 22 juin 1894 Ballot est nommé gouverneur de la Colonie du Dahomey et dépendances.

In Campagne du Dahomey 1893-18994

La Reddition de Béhanzin, l’harmattan, Paris 2001

 

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