Langues Nationales : Grâce soit Rendue à nos Familles, Bíbẹ̀kò…

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Si, en général, nos parents ne nous apprenaient pas  nos langues maternelles,  — en général parce qu’il y a dans certaines classes pseudo-bourgeoises bornées, une idéologie tenace du mépris de la langue maternelle au profit de la langue du Blanc, qui finit dans le ridicule, l’approximatif et la singerie – nos langues nationales seraient déjà mortes depuis fort longtemps.

C’est du reste le pari diabolique qu’avait fait le colonisateur en nous imposant sa langue comme langue officielle et d’éducation. Même en France, les patois et autres idiomes régionaux, sont cloués au pilori de la toute-puissance de la langue française, dans sa variété parisienne, et à termes s’étiolent et meurent de leur belle mort.

La bêtise de nos dirigeants sans boussole ni vision c’est d’avoir reconduit le verdict de mort prononcé par le colonisateur sur nos langues nationales, en tant qu’elles sont le moyen privilégié de la connaissance approfondie de notre environnement et du monde. Certes,  ce type de reconduction aveugle des verdicts du passé colonial malheureusement ne touche pas le seul domaine de la langue, mais c’est dans ce territoire de l’être au monde et à soi qu’il est le plus ruineux.

Aujourd’hui, dans la plupart des pays africains, le locuteur le plus volontaire, lorsqu’il souhaite exprimer sa pensée de façon autonome dans sa langue maternelle, se prépare à bien des contrariétés.  Très vite, il se heurte au handicap de l’inadaptation dynamique d’un idiome qui, parce que resté foncièrement intact depuis des siècles, ayant évolué dans le vase clos de l’oralité et de la transmission primaire sans le fort potentiel d’enrichissement de la technologie intellectuelle de l’écrit, n’ayant pas été outillé comme langue d’une pensée et d’un savoir en perpétuelle évolution, est incapable de lui fournir le stock lexical et structural à même d’étayer sa légitime ambition de s’exprimer ou de penser dans sa langue maternelle.

Grâce donc soit rendue à nos parents et à nos familles qui sont le dernier rempart de notre identité, face à l’abandon et à la démission des pouvoirs publics.

Alan Basilegpo

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