Ọ̀ṣun, Déesse Féministe avant l’heure

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Dans les temps anciens, les femmes n’étaient pas autorisées à participer à la tradition et à la vie religieuse de la société. Quand olodumaré( Dieu Suprême) envoya les Irunmolè ( divinité ministérielle), Ọ̀ṣun était la première parmi les divinités féminines. Mais elle ne pouvait siéger au conseil des dieux ; elle n’était autorisée à faire aucune contribution.

Cet état de chose mit Ọ̀ṣun en colère. Ọ̀ṣun s’en fut créer une société secrète de sorcellerie. En secret, les sorcières faisaient échouer tous les plans des Irunmolè et détruisaient tous leurs projets et réalisations.

Las de ne rien faire qui allât à son terme, les Irunmolè se rendirent au Ciel pour rendre compte à Olodumaré de leur désarroi et de leur impuissance. « Nous avons fait usage de tous les savoirs que vous nous avez confiés mais en vain, disent-ils. Rien n’a marché sur la terre. » Olodumaré écouta leurs plaintes attentivement, puis leur demanda :

«  Et qu’en est-il des femmes, vous ont-elles apporté leur assistance ?  Sont-elles témoins de vos ennuis ? – Non répondirent-ils, les femmes n’étaient pas invitées à nos réunions, elles en étaient  exclues par principe. »

Sur ce, Olodumaré leur ordonna de retourner sur terre et d’associer dorénavant les divinité féminines à toutes leurs activités.

Ainsi, de retour sur terre, vinrent-ils voir Ọ̀ṣun et la supplièrent d’être désormais des leurs. Mais Ọ̀ṣun posa ses conditions.

« Acceptez-vous que les femmes soient initiées ? – Oui, nous acceptons désormais – Acceptez-vous que les femmes participent à vos assemblées ? – Oui, nous acceptons désormais – Acceptez-vous l’idée d’associer les femmes à toutes vos œuvres et décisions ? –Oui, nous l’acceptons ! »

Sur ce, l’accord fut trouvé entre les Irunmolè, et tout rentra dans l’ordre. Les maladies se calmèrent ; il n’y eut plus de sécheresse ni de famine.  Les problèmes dont la terre était accablée disparurent. Depuis lors, la tradition yoruba permet aux femmes de jouer des rôles dans tous les domaines de la vie sociale. Depuis les temps immémoriaux, l’exclusion des femmes est la chose la mieux partagée entre les cultures et les religions du monde. Mais Ọ̀ṣun s’est battue pour les femmes. C’est ainsi que les femmes sont présentes dans les temples. La femme peut être Iya-agan, patronne des égun-gun (esprits bienveillants des défunts réincarnés) ; la femme est Iyalodé, patronne des associations féminines ; elle peut être Iyaloja, patronne des marchés. Tout cela est le legs de la tradition yoruba en matière de droits et de la participation des femmes à la vie de la cité

Bejide Alamoran ; d’après une interview de Ifayemi Elebuibon Araba de Óṣógbó

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