Critiques Italiennes  de la Françafrique : la France Impénitente Quittera-t-elle la Proie pour l’Ombre ?

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La critique intellectuelle franco-française, ses dénonciations par des écrivains spécialisés ou des ONG dont certains en font même leur fonds de commerce, n’ont pas conduit la France à renoncer à la Françafrique, cette forme perverse de la colonisation de l’Afrique.

Enracinée dans le crime, le vol et le pillage des ressources matérielles et humaines de l’Afrique, elle a continué avec des styles différents selon le dirigeant français de chaque époque. Du général de Gaule en tandem légendaire avec Jacques Foccart à Macron, en passant par Mitterrand et Chirac, chacun a  son style et ses intérêts personnels. Ainsi si un hédoniste comme VGE était intéressé par le diamant de la Centrafrique et les coucheries  avec la femme de son ami Bokassa, le raciste Sarkozy lui était porté à l’humiliation du Nègre Gbagbo et à l’élimination physique de l’Arabe Kadhafi.

Et, depuis lors, au fur et à mesure que la critique s’amplifiait, chaque régime promettait d’y mettre fin, mais en vain. La vanité de ces promesses en dit long sur l’inspiration crapuleuse de la mainmise de la France sur la vie politique africaine et le piège existentiel dans lequel elle s’est historiquement enfermée en tant que nation. Pour persévérer dans son être de puissance prédatrice en Afrique, la France ne recule devant aucune contradiction, aucune violence, aucune rage, aucun coup bas. Ainsi, le deux-poids-deux-mesures est de règle dans ses rapports avec les pays africains. Ce qui est vrai pour le Gabon, le Togo ou le Congo Brazzaville, cesse brutalement et cyniquement de l’être pour la Côte d’Ivoire ou le Congo Kinshasa et devient un casus belli. C’est dire que l’hypocrisie et le cynisme sont pour la France des armes politiques. Depuis le fameux discours de la Baule en 1990 qui remettait la démocratie en selle en Afrique, la France a eu largement le temps de tempérer voire de pervertir  sa bonne volonté démocratique en Afrique. Car, elle est consciente qu’appliquées à la lettre les préconisations de la Baule seraient suicidaires pour ses intérêts.

La persévérance de la Françafrique dans son être – aussi diabolique soit-elle – traduit le refus cynique de la France d’y renoncer, du prédateur de lâcher sa proie. Outre le pillage de l’Afrique, la France a du mal à renoncer à sa domination politique et culturelle sur ses anciennes colonies, formellement indépendantes mais en réalité toujours en captivité. Elle parvient à ce sombre état des choses par les menaces, le chantage, la rétribution dorée, l’assassinat (Sankara) ou l’emprisonnement à la CPI (Gbagbo). Ce parti-pris prédateur et cette culture géopolitique mafieuse sont plus forts qu’elle : il y va de son rang dans le monde. En mettant par exemple fin à l’arnaque du franc CFA, elle perdrait selon les experts son rang de puissance économique et péricliterait de la 5ème place à la vingtième loin derrière le Brésil, l’Inde, la Corée du Sud, ou le Mexique. Politiquement, elle perdrait aussi son rang dans le concert des nations, et rien ne justifierait son siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies, alors que d’autres pays comme le Nigeria, l’Inde ou le Brésil y seraient plus représentatifs de réalités humaines, démographiques et continentales autrement plus consistantes à l’échelle mondiale.

C’est dire qu’il s’en faut de beaucoup, comme cela a été le cas jusqu’à présent, que les critiques intellectuelles ou médiatiques de quelques écrivains ou ONG français suffisent à amener la France à résipiscence dans son rapport bestial à l’Afrique. De ce point de vue, la position réactive de l’Italie, qui, par la voix de ses dirigeants actuels, critiquent vertement la France pour la persistance de sa posture colonialiste en Afrique et stigmatisent son hypocrisie, est à la fois un  niveau inédit de défiance pour la France sur cette question en même temps qu’un coup de boutoir sérieux. Pour la première fois en effet,  un pays latin et cousin membre influent de l’Union Européenne aux premières loges de la ruée migratoire des Africains vers l’Europe, fustige et pointe du doigt sans complaisance le colonialisme français en Afrique noire. Pendant ce temps, il est intéressant d’écouter le silence retentissant d’autres pays européens du corridor migratoire méditerranéen comme l’Espagne qui jouent à l’autruche, ou attendent d’avoir un gouvernement étiqueté de façon méprisante d’extrême droite avant de prendre position sur le sujet. Comme pour l’euphémiser ou la banaliser, la critique véhémente du gouvernement italien est mise sur le compte des excès langagiers de l’extrême-droite européenne, comme si son origine ou sa couleur politique en constituait un discrédit sérieux, ou si elles les frappaient de nullité.

Quoi qu’il en soit, la critique de la posture prédatrice de la France en Afrique noire par le gouvernement italien est loin d’être anodine. Non seulement elle met le doigt sur l’une des causes sérieuses du désespoir qui pousse la jeunesse africaine dans son mouvement migratoire vers l’Europe, mais elle constitue aussi pour la première fois, la position d’un pays Européen sur une question considérée jusque-là comme taboue, et frappée du secret ethnique. Le fait que le gouvernement italien aille jusqu’à suggérer l’éventualité de sanctions contre la France traduit bien la possibilité d’une objectivation politique de la prédation française en Afrique, jusque-là impunie, parce que légalement et politiquement occultée et non identifiée.

Si la critique italienne et le discours qui la sous-tend, loin d’être cloués au pilori de la rhétorique de l’extrême droite, étaient au contraire pris au sérieux au niveau non seulement européen mais aussi mondial ; si par exemple les États-Unis de Donald Trump y ajoutaient d’aventure leur grain de sel, alors la France serait un peu plus cernée ; elle songerait peut-être à quitter la proie africaine pour l’ombre du bon sens de la morale internationale et de la vraie égalité des hommes.

Mais cette hypothèse fort improbable d’une résipiscence de la France se ferait à quel prix ? Qui en paierait le coût ? Certainement pas les « Gilets Jaunes »…

Adenifuja Bolaji

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Un commentaire

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